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#BringBackOurGirls : le combat continue deux après

  • Nicolas Pinault

Le parc Unity Fountain à Abuja, le 7 mars 2016. (VOA/Nicolas Pinault)

Le parc Unity Fountain à Abuja, le 7 mars 2016. (VOA/Nicolas Pinault)

A l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, un combat représente les dangers et les défis auxquels font face les femmes en Afrique : les filles de Chibok. #BringBackOurGirls est né après l’enlèvement de plus de 250 lycéennes par Boko Haram.

Tous les jours à 17 h, le rituel est le même dans ce parc de la capitale nigériane. Une vingtaine de personnes sont rassemblées près de Unity Fountain, un monument qui célèbre l’unité de tous les Etats qui composent la fédération du Nigeria.

Les caméras de télévision ont disparu mais pas la motivation des militants du mouvement #BringBackOurGirls.

En ce 8 mars 2016, cela fait 694 jours que les filles de Chibok ont été enlevées par Boko Haram mais l’espoir demeure selon l’un des participants, Waziri Bello : "Je crois toujours que les filles de Chibok sont en vie et peuvent être secourues. Le gouvernement nigérian a la responsabilité de secourir tout citoyen qui se trouverait dans cette situation. Je suis là parce que ces filles sont pauvres et donc n’ont pas de voix dans ce pays. Elles ont besoin de quelqu’un qui parle en leur nom."

Officiellement, la menace Boko Haram a diminué

#BringBackOurGirls est né pour attirer l’attention de l'administration de Goodluck Jonathan sur le sort des lycéennes. Désormais, le président nigérian s’appelle Muhammadu Buhari et officiellement, la menace Boko Haram a beaucoup diminué.

Une version contredite par le journaliste Emman Usman Shehu : "Le président aime à dire que Boko Haram a été défait. Je n’y crois pas. Oui, Boko Haram ne peut plus détruire comme il le faisait auparavant. Mais nous savons de par l’histoire de Boko Haram que ce groupe peut battre en retraite et revenir en force. Tant que les hauts commandants de Boko Haram ne seront pas éliminés, la menace perdurera."

Au fil des mois, le combat pour faire libérer les filles de Chibok s’est élargi. Il s’agit aussi d’un combat féministe, comme l’explique à VOA Afrique Aisha Yusuf, l’une des porte-parole de Bring Back Our Girls : "Dans ce pays malheureusement, quand quelqu’un est pauvre, il n’a aucune voix, aucun nom, aucun visage. Le combat pour Chibok, c’est le combat pour sauver l’âme de ce pays. Le kidnapping des filles par Boko Haram traduit tout ce qui ne va pas dans ce pays."

Abubakar Yusuf veut aussi en faire un combat pour l’éducation au Nigeria. Le pays le plus peuplé d’Afrique est encore à la traîne en matière de scolarisation :

"Si on n’arrive pas à garantir l’éducation à nos jeunes enfants, où est le futur de notre pays ? L’avenir de n’importe quel grand pays repose sur une population instruite. Le Nigeria compte aujourd’hui 10,5 millions d’enfants non scolarisés et pourtant ceux qui vont à l’école pour briser les chaines de la pauvreté sont attaqués."

Le 14 avril prochain marquera un triste anniversaire, celui de l’enlèvement il y a deux ans des filles de Chibok. Cinquante-sept ont réussi à rentrer chez elles, 219 manquent toujours à l’appel.

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