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JO-2016 - Des nageurs américains ont menti aux autorités brésiliennes pour avoir été victimes d'un braquage (medias)


Ryan Lochte.

Ryan Lochte.

L'affaire débute dimanche. Ryan Lochte, six fois médaillé d'or olympique durant sa carrière, raconte à la télévision américaine NBC avoir été braqué, avec trois autres nageurs américains, à l'aide d'une arme à feu par des faux policiers à l'aube à Rio.

Selon la chaine NBC, Ryan Lochte a menti aux autorités brésiliennes, ajoutant que les nageurs américains ont été impliqués dans une bagarre avec les agents de sécurité d'une station service le soir du dit incident de vols.

Ils prétendent avoir été agressés dans la nuit de samedi à dimanche à Rio, mais une juge a relevé des "incohérences" dans leurs témoignages: deux nageurs américains ont été débarqués de l'avion à l'aéroport de Rio, alors qu'un autre est déjà rentré aux Etats-Unis selon son avocat.

L'affaire débute dimanche. Ryan Lochte, six fois médaillé d'or olympique durant sa carrière, raconte à la télévision américaine NBC avoir été braqué, avec trois autres nageurs américains, à l'aide d'une arme à feu par des faux policiers à l'aube à Rio.

De retour d'une fête au Club France, dans la zone sud huppée de Rio où les athlètes français célèbrent leurs médailles, Gunnar Bentz, Jack Conger, James Feigen et lui-même auraient vu leur taxi stoppé par des faux policiers, raconte-t-il.

Alors qu'il ignorait les ordres d'un des braqueurs, qui lui demandait de s'étendre au sol, "le type a sorti son arme, l'a enclenchée, l'a braquée sur mon front et a dit +baisse-toi+", relate Lochte, 32 ans.

L'incident déclenche une certaine confusion, le Comité international olympique (CIO) démentant dans un premier temps l'information en assurant avoir consulté le Comité olympique américain (USOC). Mais un porte-parole, Patrick Sandusky, confirme ensuite l'agression.

Visiblement, cette version n'a pas convaincu la juge Keyla Blank.

La magistrate a déclaré qu'elle avait décelé "certaines incohérences dans les témoignages des nageurs", parfois contradictoires comme par exemple sur le nombre d'assaillants.

"Les victimes sont rentrées physiquement et mentalement en pleine forme, au point de plaisanter entre eux", souligne la juge qui se base sur des images enregistrées par les caméras de sécurité à leur retour au Village olympique, où résident les athlètes.

- La police au village olympique

Mercredi soir, deux des nageurs ont été interpellés au moment de quitter le Brésil.

"Jack Conger et Gunnar Bentz ont été débarqués de leur avion pour les Etats-Unis par les autorités brésiliennes", a déclaré Patrick Sandusky à l'AFP. "Nous tentons d'obtenir davantage d'informations".

Au milieu de la nuit, les deux hommes ont quitté l'aéroport à bord d'une voiture, devant une nuée de journalistes, a constaté l'AFP. Ils sont convoqués jeudi matin dans les locaux du département tourisme de la police de Rio.

Selon plusieurs médias, Feigen se trouve toujours au Brésil. La juge avait ordonné la confiscation de son passeport, ainsi que celui de Ryan Lochte pour les empêcher de quitter le pays.

"Ils n'ont donc pas le droit de quitter le territoire", selon un communiqué officiel.

L'avocat de Ryan Lochte a quant à lui affirmé à la presse américaine que le nageur était déjà parti, mais la police de Rio n'a pas confirmé.

"La police locale est arrivée au Village olympique ce matin (mercredi) et a demandé à rencontrer Ryan Lochte et James Feigen pour confisquer leur passeport afin de les faire témoigner de nouveau", a expliqué Patrick Sandusky.

"L'équipe de natation a quitté le Village après la fin de la compétition, nous n'étions donc pas en mesure de convoquer les athlètes", a-t-il ajouté.

Selon un journaliste de NBC, Matt Lauer, qui s'est entretenu avec Lochte au téléphone dans la nuit, le nageur américain est prêt à coopérer à l'enquête.

Lauer affirme que Lochte lui a dit: "Je n'aurais pas inventé une telle histoire et les autres n'ont plus (...) Nous sommes victimes dans cette histoire et nous sommes heureux d'être sains et saufs".

A Washington, le département d'Etat a invoqué la stricte législation américaine sur la protection de la vie privée pour ne pas s'étendre sur cette affaire.

Un porte-parole, Mark Toner, a toutefois souligné que les Etats-Unis "encourageaient toutes les parties à coopérer avec les autorités brésiliennes chargées de faire appliquer la loi dans leur enquête sur cet incident".

"Nous restons prêts à apporter toute l'assurance consulaire nécessaire", a ajouté John Kirby, un autre porte-parole du département d'Etat.

Avec AFP

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