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Le Japon lève à son tour les sanctions contre l'Iran


Le Japon a officiellement levé vendredi les sanctions appliquées envers l'Iran, emboîtant le pas à d'autres puissances internationales, dans l'espoir que les entreprises japonaises feront affaire dans ce pays longtemps mis au ban de la communauté internationale à cause de son programme nucléaire.

Le cabinet du Premier ministre Shinzo Abe a approuvé lors d'une réunion régulière l'arrêt des mesures coercitives.

L'accord nucléaire conclu le 14 juillet 2015 avec les grandes puissances est entré en vigueur en fin de semaine passée, après que l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a certifié que l'Iran avait respecté ses obligations pour garantir la nature strictement pacifique de son programme nucléaire.

L'entrée en vigueur de l'accord a permis la levée d'une partie des sanctions américaines et européennes contre Téhéran.

"Nous espérons développer des relations amicales avec l'Iran", a déclaré aux journalistes le ministre japonais des Affaires étrangères, Fumio Kishida.

Il a dit souhaiter que soit scellé rapidement un traité d'investissement avec l'Iran pour soutenir les activités des entreprises japonaises sur place.

Le Japon, qui dépend fortement du pétrole importé du Moyen-Orient, a maintenu des relations amicales avec Téhéran pendant toutes les années noires, notamment les liens diplomatiques que de nombreux pays développés avaient rompus il y a des décennies.

Tokyo avait toutefois réduit ces dernières années ses importations de pétrole en provenance d'Iran, sous la pression des autres pays occidentaux, notamment les Etats-Unis. Le Japon avait également cessé tout nouvel investissement en Iran depuis 1993.

Les exportations sont tombées en 2014 à seulement 26,6 milliards de yens (204 millions d'euros), soit sept fois moins que dix ans plus tôt, selon des chiffres donnés par le quotidien économique Nikkei.

Une trentaine de compagnies japonaises opèrent actuellement en Iran, et de nombreux secteurs sont sur les rangs pour entrer ou revenir sur ce marché prometteur, en particulier l'automobile, l'énergie (pétrole, nucléaire), la médecine et l'éducation et la finance.

L'Iran a par ailleurs salué à maintes reprises la technologie nucléaire du Japon, même après l'accident de Fukushima 2011, et plaidé pour une coopération dans ce domaine.

Le gouvernement, comme le secteur privé, veut cependant agir avec précaution pour ménager les susceptibilités dans la région, notamment vis-à-vis de l'Arabie Saoudite.

Avec AFP

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