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Jacob Zuma admet que l'ANC est en perte de vitesse


Le président Jacob Zuma à Johannesburg, en juin 2015.

Le président Jacob Zuma à Johannesburg, en juin 2015.

Le président sud-africain a appelé ses partisans, membres du parti du héros de la lutte contre l'apartheid Nelson Mandela, à plus d'efforts pour changer l'image de corruption dont ils souffrent.

L'ANC a perdu un quart de ses adhérents en trois ans, a reconnu M. Zuma, affirmant que son organisation était perçue à tort comme corrompue.

"Notre nombre d'adhérents est passé de plus d'un million en 2012 à 769.870 aujourd'hui", a déclaré Jacob Zuma au cours d'une conférence du parti, à Midrand, près de Johannesburg.

Le Congrès national africain (ANC) "doit travailler encore plus pour contrecarrer la perception erronée de l'opinion publique qu'elle (...) est une organisation corrompue", a-t-il ajouté.

La popularité de l'ANC, au pouvoir depuis 1994, a été affectée par de nombreuses attaques, principalement de la part de mouvements radicaux à la gauche du parti de Jacob Zuma.

Ces derniers dénoncent régulièrement le manque de progrès pour une grande partie de la population depuis la fin du régime ségrégationniste en 1994, des millions de Sud-Africains vivant toujours dans la pauvreté.

La croissance en-dessous de 2%, le taux de chômage qui dépasse les 25% et les affaires de corruption contribuent également à l'érosion de la popularité du parti.

Mais selon le président sud-africain, cette chute de popularité est surtout favorisée par le manque de discipline et des luttes internes au sein du parti qu'il a qualifiés de "cancer".

"Nos adhérents se plaignent d'une impression de manque de discipline au sein de l'organisation, a t-il expliqué. Cela crée l'impression auprès du public que l'ANC est devenue une organisation qui travaille pour ses propres intérêts ou qui a dévié de ses valeurs originelles".

Mais les analystes politiques estiment que le scandale de Nkandla, du nom de la propriété de Jacob Zuma qu'il a fait rénover pour 17 millions d'euros d'argent public, joue un grand rôle dans la désaffection des électeurs pour l'ANC.

Si le parti peut toujours se féliciter de remporter largement les scrutins nationaux, il a enregistré le plus faible score de son histoire lors des élections générales de 2014, où l'ANC a décroché 62% des voix.

Les élections municipales de 2016 pourraient voir l'ANC perdre la majorité dans plusieurs grandes villes du pays. Outre Le Cap (sud-ouest), déjà aux mains du parti d'opposition de l'Alliance démocratique, Port Elizabeth (sud-est), Johannesburg et Pretoria sont citées comme des métropoles pouvant basculer.

La réunion de l'ANC doit durer jusqu'à dimanche et devrait aborder des questions économiques afin de trouver des solutions pour relancer la croissance de l'économie la plus industrialisée d'Afrique.

Avec AFP

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