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Côte d’Ivoire : Des partisans de Ouattara assiègent l'ambassade ivoirienne à Washington, D.C.


Des partisans de Ouattara devant l'ambassade ivoirienne à Washington, D.C., le 30 décembre 2010

Des partisans de Ouattara devant l'ambassade ivoirienne à Washington, D.C., le 30 décembre 2010

Pour Yacouba, l’un des organisateurs de la manifestation, la fermeture de l’ambassade constitue une victoire. « Ils savaient que nous venions et ils avaient peur de nous », a-t-il déclaré.

Un nouveau front dans la bataille des ambassades ivoiriennes s’est ouvert aux Etats-Unis, où une manifestation des partisans d’Alassane Dramane Ouattara, jeudi, a apparemment entraîné la fermeture de l’ambassade de leur pays à Washington. Les manifestants entendaient investir les locaux pour ôter du mur le portrait du président sortant Laurent Gbagbo. Toutefois, des gardes armés leur ont fait comprendre que l’ambassade est fermée pour les fêtes jusqu’au 3 janvier.

Les manifestants en étaient réduits à placer à l’entrée de l’ambassade une pancarte disant que l’ambassadeur ivoirien s’était enfui et qualifiant M. Gbagbo de rebelle. Ils avaient obtenu la permission de manifester et certains pensent que cela a mis la puce à l’oreille des responsables de la mission diplomatique. Plusieurs véhicules de police étaient visibles dans le secteur.

Des Casques bleus de l'ONUCI à Abidjan

Des Casques bleus de l'ONUCI à Abidjan

Pour Yacouba, l’un des organisateurs de la manifestation, la fermeture de l’ambassade constitue une victoire. « Ils savaient que nous venions et ils avaient peur de nous », a-t-il déclaré.

Plusieurs familles et individus venus solliciter des visas ivoiriens ont dû rebrousser chemin. Un appel de la VOA à l’ambassade pour commenter la situation n’a pas eu de réponse.

La manifestation de certains Ivoiriens de Washington s’inscrit dans le sillage d’actions similaires qui ont perturbé les activités des ambassades ivoiriennes en France, au Mali et en Belgique.

Alassane Ouattara continue de marquer des points sur le plan diplomatique. Ainsi, l’ambassadeur qu'il nommé à l’ONU a présenté ses lettres de créance. Les pays européens et les Etats-Unis se disent, de leur côté, prêts à travailler les diplomates désignés par M. Ouattara ; ce qui a entraîné des menaces de représailles du Camp Gbagbo véhiculées par les médias d’Etat ivoiriens.

Les présidents béninois, Boni Yayi (à droite), sierra léonais, Ernest Bai Koroma (au centre), et le président Gbagbo à l'issue de leurs entretiens de mardi à Abidjan

Les présidents béninois, Boni Yayi (à droite), sierra léonais, Ernest Bai Koroma (au centre), et le président Gbagbo à l'issue de leurs entretiens de mardi à Abidjan

Cette bataille des ambassades ne résout en rien le problème de Ouattara, à savoir que son soutien se situe dans le Nord du pays, et qu’il a peu d’appui au sein de l’armée ou de la fonction publique ivoirienne dans le Sud, a expliqué l’analyste J. Peter Pham.

Certes, il a pris contrôle des comptes ivoiriens dans les banques internationales, mais son gouvernement et lui sont toujours confinés au Golf Hotel d’Abidjan, sous la protection d’une poignée d’éléments armés des Forces nouvelles et des Casques bleus de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI).

De son côté, le président sortant s’est attaché les services de deux avocats français de renom, Jacques Verges et Roland Dumas, dans sa stratégie de conservation du pouvoir. Selon ses collaborateurs, Laurent Gbagbo tente également de persuader diverses cours de justice internationales (notamment celle de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest) de reconnaître sa victoire électorale au second tour de la présidentielle.

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