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L'Italie en deuil après une catastrophe ferroviaire qui a fait au moins 23 morts


Un pompier regarde deux trains de marchandises entrés en collision dont les conducteur ont été tués près de la gare Borghetto sull'Adige dans le nord de l'Italie, 13 décembre 2006. (AP Photo / Daniele Mosna)

Un pompier regarde deux trains de marchandises entrés en collision dont les conducteur ont été tués près de la gare Borghetto sull'Adige dans le nord de l'Italie, 13 décembre 2006. (AP Photo / Daniele Mosna)

L'Italie cherchait à expliquer les raisons d'un des plus graves accidents ferroviaires de ces dernières années après cette collision entre deux trains dans les Pouilles.

"Le nombre de morts est de 23 dont 22 ont été identifiés", a déclaré mercredi lors d'une conférence de presse Vitangelo Dattoli, directeur général de l'hôpital de Bari, ville des Pouilles située près du lieu de l'accident. Un homme âgé d'une cinquantaine d'années restait encore à identifier, mais il est vraisemblablement de nationalité italienne, comme les autres victimes, selon ce responsable.

Le ministre italien des Transports, Graziano Delrio, a indiqué de son côté devant le Parlement que le bilan était de 27 victimes, semblant prendre en compte la possibilité de quatre disparus, évoquée par la préfette de la province où a eu lieu l'accident, Clara Minerva.

L'accident, d'une violence extrême selon les secouristes, a également fait 52 blessés, dont 24 sont toujours hospitalisés.

Parents, proches et amis des victimes se sont rués vers les hôpitaux de Bari, mais aussi à la morgue pour reconnaître les corps. "Je vous en supplie, trouvez qui est responsable. Ils n'ont pas mérité de mourir comme ça", a lancé en larmes une femme dont le père est mort dans l'accident.

La plus âgée de ces victimes avait 72 ans et la plus jeune à peine 15 ans. Selon les médias italiens, Antonio Summo était allé suivre un cours de rattrapage dans son lycée à Andria.

- Professeure de français -

Julia Favale, 51 ans, était italienne mais née à Châlons-sur-Saône en France. Elle était professeure de français, selon les médias italiens qui ont dressé les portraits de quelques-unes des victimes.

Dès mardi, plusieurs responsables, de la police et de la société des chemins de fer exploitant ce tronçon qui relie Bari à Barletta, une cinquantaine de km plus au nord sur la côte adriatique, avaient énoncé une évidence: "un des deux trains ne devait pas se trouver sur cette voie unique" au moment de l'accident.

Le tronçon entre Corato, situé à mi-chemin entre les deux villes, et Andria, à une dizaine de kilomètres en direction de Barletta, est constitué d'une voie unique sur laquelle un convoi ne peut s'engager que si les chefs de gare des deux villes se mettent téléphoniquement d'accord pour laisser passer un train dans une direction ou dans l'autre.

"C'est l'un des systèmes les moins évolués et les plus risqués", a déclaré M. Delrio devant les députés, annonçant "1,8 milliard d'euros supplémentaires" pour le réseau ferroviaire régional. Il a également réclamé une unification du réseau ferré italien, les voies régionales n'étant pas de la responsabilité de l'Etat.

Plusieurs enquêtes dont une par la justice italienne ont été ouvertes.

"Nous avons mis à disposition des autorités judiciaires tous les registres des communications entre les gares. Nous avons toutes les informations, mais maintenant elles doivent être analysées", a assuré Massimo Nitti, directeur général de Ferrotramviaria.

Massimo Mazzilli, maire de Corato, n'a pas de doute: "la responsabilité dans un événement pareil est sûrement attribuable à une personne, car cela n'aurait pas pu arriver autrement", a-t-il déclaré à l'AFP-TV.

Les pompiers ont travaillé toute la nuit avec les autres secouristes pour dégager les amas de tôle enchevêtrée. La violence de ce choc frontal entre deux trains circulant à grande vitesse a été telle que des débris ont été propulsés à plusieurs dizaines de mètres. Un éclat métallique a tué un paysan travaillant dans son champ, selon les médias italiens, citant les secouristes.

Le travail d'identification des victimes a été particulièrement éprouvant pour les familles, celles-ci devant parfois se limiter à reconnaître un tatouage ou un signe particulier sur des débris humains.

"Une sale histoire, car pour un grand nombre d'entre-eux il ne sera possible de les identifier que de manière indirecte à cause de l'état des victimes. Le choc a été terrifiant", avait ainsi confié en début de journée l'un des médecins légistes.

Les deux trains transportaient essentiellement des jeunes, des étudiants et des employés faisant la navette entre Bari et les petites villes du littoral.

Avec AFP

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