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Israël: les ONG pro-paix harcelées appellent à la mobilisation


Les employés de l'ONG "Breaking the Silence" travaillent dans les bureaux de Tel-Aviv, Israël, le 16 décembre, 2015.

Les employés de l'ONG "Breaking the Silence" travaillent dans les bureaux de Tel-Aviv, Israël, le 16 décembre, 2015.

Les ONG israéliennes du camp de la paix ont lancé vendredi un cri d'alarme collectif. Les responsables de ces organisations pacifiques recoivent des menaces de mort, et sont continuellement critiqués sur les réseaux sociaux.

"Nous faisons face à une campagne orchestrée qui vise à détruire la société civile en Israël, à une vague d'attaques sans précédent nourrie au plus haut niveau politique, y compris par le Premier ministre (Benjamin) Netanyahu", a dénoncé Yuli Novak, présidente de "Breaking the Silence", une ONG offrant une plateforme aux soldats pour "dénoncer les agissements condamnables de l'armée."

Cinq ONG ont organisé dans un vaste hangar de Tel-Aviv un rare évènement commun, à la fois festif et militant, pour exprimer leur inquiétude devant les attaques de plus en plus dures auxquelles elles sont soumises depuis des mois.

Au cours d'une conférence de presse, elles ont dit parler au nom d'une cinquantaine d'organisations du camp de la paix ou de défense des droits de l'Homme.

L'évènement a eu lieu sous la protection d'un service de sécurité privé maintenant à distance des manifestants brandissant des pancartes sur lesquelles étaient inscrit "traîtres".

Les dirigeants de ces associations affirment recevoir des menaces de mort et être harcelés jusque chez eux. Infiltrées et espionnées par de faux militants, critiquées continuellement sur les réseaux sociaux, ces organisations bénéficiant pour beaucoup de la reconnaissance internationale s'alarment à présent d'un projet de loi gouvernemental qui doit être examiné en première lecture au Parlement la semaine prochaine.

Le texte vise à contraindre les ONG à afficher publiquement leur financement par des gouvernements étrangers. Ayelet Shaked, instigatrice de ce projet et ministre de la Justice de l'un des gouvernements les plus à droite de l'histoire d'Israël, assure qu'il ne vise spécifiquement aucune ONG. Dans les faits, ce sont les ONG réputées de gauche qui semblent de loin les plus visées.

"Le gouvernement veut que tout notre temps et toute notre énergie soient investis, non pas dans nos luttes, mais dans la lutte contre leur législation anti-démocratique", a déclaré Reut Michaeli, présidente de Gisha, association qui lutte pour la liberté de mouvement des Palestiniens.

"Notre gouvernement fait tout pour détourner l'attention" de son impuissance à faire cesser les violences actuelles, de l'isolement international d'Israël et du ralentissement économique, a dit Mme Novak.

La ministre de la Justice défend sa proposition par un souci de transparence et la volonté de combattre les ingérences étrangères.

L'animosité de la campagne a réveillé chez certains le souvenir du climat de haine qui régnait il y a vingt ans avant l'assassinat du Premier ministre Yitzhak Rabin par un extrémiste juif hostile à la paix avec les Palestiniens.

Avec AFP

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