Liens d'accessibilité

Une ONG congolaise dénonce la coupure de RFI en RDC


Quelques passants lisent les titres des journaux étalés sur une place publique à Kinshasa, RDC, 29 juillet 2006.

Quelques passants lisent les titres des journaux étalés sur une place publique à Kinshasa, RDC, 29 juillet 2006.

La Voix des sans-voix a dénoncé la coupure du signal de la radio française RFI à Kinshasa depuis samedi, date à laquelle une coalition d'opposition avait appelé à une manifestation contre le pouvoir, interdite par les autorités.

La Voix des sans-voix (VSV) "condamne la énième coupure du signal de la Radio France internationale (RFI) par le gouvernement congolais" et exige son rétablissement, écrit-elle dans un communiqué, dénonçant une "atteinte inadmissible à la liberté de presse" en République démocratique du Congo.

Le signal de RFI a été coupé samedi au moment où l'opposition réunie autour d'Étienne Tshisekedi, opposant historique en RDC, projetait d'organiser un meeting populaire.

Jusqu'à lundi à 15h00 (14h00 GMT), il est néanmoins possible d'écouter la radio française à Kinshasa sur la fréquence de Brazzaville, la capitale de la République du Congo voisine. Et le signal de Radio Okapi, la radio de l'ONU en RDC, était toujours brouillée depuis samedi.

La manifestation interdite de samedi avait pour but de rappeler au président congolais Joseph Kabila la fin de son mandat le 20 décembre, elle avait été empêchée par la police congolaise qui avait déployé ses agents en masse dans les rues de la capitale.

"Nous regrettons ce qui est arrivé à Radio Okapi mais aussi à RFI", a déclaré à l'AFP Antoine-Charles Bambara, directeur de l'information publique de la Mission de l'ONU en RDC.

Interrogé par l'AFP, le porte-parole du gouvernement Lambert Mende s'est refusé à tout commentaire.

Depuis deux ans, le signal de RFI est souvent coupé ou brouillé les jours des manifestations contre M. Kabila, au pouvoir depuis 2001, et à qui la Constitution interdit de se représenter.

A Paris, le Quai d'Orsay a jugé "inacceptable" la décision prise par Kinshasa contre les deux radios.

Pour l'ONG VSV, cette décision traduit la volonté des "autorités congolaises de priver coûte que coûte la population de son droit à l'information en la maintenant dans l'obscurantisme, l'ignorance en ce qui concerne la gestion de la chose publique".

La RDC traverse une crise politique profonde depuis la réélection contestée de M. Kabila en 2011, aggravée par le renvoi de la présidentielle à une date non fixée à la suite d'un accord conclu en octobre entre la majorité et une frange minoritaire de l'opposition.

Avec AFP

XS
SM
MD
LG