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Indonésie: le gouverneur de Jakarta inculpé de blasphème


Protestataires musulmans réclamant l'arrestation du gouverneur Ahok (chrétien et d'origine chinoise), Jakarta, le 14 octobre 2016.

Protestataires musulmans réclamant l'arrestation du gouverneur Ahok (chrétien et d'origine chinoise), Jakarta, le 14 octobre 2016.

Le gouverneur de Jakarta, un chrétien soupçonné d'avoir insulté le Coran, a été inculpé lundi de blasphème par la police indonésienne et devra s'expliquer devant la justice, une décision annoncée moins de deux semaines après une grande manifestation d'islamistes émaillée de violences.

Après plus d'un mois d'enquête et l'audition de nombreux témoins et experts, le directeur d'enquête de la police, Ari Dono, a déclaré à des journalistes que le gouverneur, Basuki Tjahaja Purnama, surnommé Ahok, avait été inculpé.

"Nous avons trouvé un accord, même si ce n'était pas unanime, concluant que cette affaire devrait faire l'objet d'un procès public", a-t-il dit, précisant que la police avait ordonné à Ahok de ne pas quitter l'Indonésie, pays musulman le plus peuplé au monde.

Issu d'une double minorité -- chrétien et d'origine chinoise -- le gouverneur au franc parler avait déclaré fin septembre que l'interprétation par certains oulémas (théologiens musulmans) d'un verset du coran selon lequel un musulman ne doit élire qu'un dirigeant musulman était erronée.

Cette déclaration a provoqué de vives réactions parmi les musulmans, modérés et partisans d'une ligne dure de l'islam. Face à l'ampleur prise par la polémique alimentée par des fondamentalistes musulmans, Ahok s'était excusé publiquement. Mais la colère de certains groupes radicaux n'est pas retombée contre le gouverneur en pleine campagne électorale, candidat à sa réélection en février.

Une manifestation à l'appel de partisans d'une ligne dure de l'islam avait réuni le 4 novembre plus de 100.000 personnes à Jakarta, selon les organisateurs, et s'était terminée par des violences à la nuit tombée.

Le président indonésien, Joko Widodo, avait laissé entendre le lendemain que le rassemblement avait été instrumentalisé dans le cadre de la campagne électorale, déclarant que des "responsables politiques" étaient derrière cette manifestation pacifique qui a ensuite dégénéré en violences.

Ahok, qui a succédé fin 2014 à Joko Widodo au poste de gouverneur, est très populaire . Mais son tempérament fougueux et son franc parler, inhabituels pour un homme politique en Indonésie, lui ont attiré des inimitiés.

Avec AFP

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