Liens d'accessibilité

Indignation dans une université canadienne suite à des viols non sanctionnés


(ARCHIVES, ILLUSTRATION) - La gouverneure générale du Canada en Afrique

(ARCHIVES, ILLUSTRATION) - La gouverneure générale du Canada en Afrique

Théâtre de plusieurs viols ces dernières années, Simon Fraser University en Colombie-Britannique est accusée d'avoir trop tardé à prendre des mesures pour protéger les victimes.

Trois jeunes filles ont été violées sur le campus de SFU lors du dernier semestre scolaire. Les accusations portent sur le même étudiant qui n'a pas été renvoyé de l'établissement quand deux des victimes ont choisi d'arrêter leurs études.

Les agressions sexuelles dans les universités nord-américaines sont un véritable fléau. L'indignation et les protestations avaient surgi la semaine dernière aux Etats-Unis après la condamnation d'un étudiant de 20 ans à trois mois de prison ferme pour le viol d'une élève de l'université Stanford. La peine, qui pouvait aller jusqu'à 14 ans de prison, a été jugée trop clémente par nombre de responsables et personnes.

Au Canada, des viols dans les universités sont régulièrement rapportés et, pour la seule Simon Fraser University (SFU), 14 viols ont été recensés au cours des quatre dernières années, venant s'ajouter aux trois du dernier semestre.

"Nous sommes au courant d'allégations de trois agressions sexuelles par un étudiant et qui ont été commises au dernier semestre sur des étudiantes", a reconnu mardi soir Jon Driver, vice-président de SFU.

Ce responsable a assuré que l'université avait pris toutes les mesures nécessaires "pour aider les étudiantes sans interférer dans l'enquête de la police".

"L'individu qui est la cible de ces allégations n'est pas sur le campus", a ajouté Jon Driver sans dire clairement, au moment où les congés d'été ont commencé, le statut de cet étudiant.

Cette position a été fermement dénoncée par des professeurs de SFU, dont Marjorie Griffith Cohen à la tête du groupe des femmes universitaires.

"Il me semble assez extraordinaire qu'une personne accusée d'avoir violé quelqu'un soit toujours dans la même résidence que cette femme", a estimé l'enseignante à la télévision CBC.

L'affirmation de la SFU que l'agresseur présumé ne représentait pas une menace "semble indiquer" que les responsables de l'université "ne croient pas les jeunes femmes", a jugé Mme Griffith Cohen dans un courriel à ses collègues après avoir assisté au comité spécial en avril.

Deux des étudiantes ont préféré quitter SFU plutôt que de croiser leur agresseur au quotidien, a-t-elle ajouté.

La Première ministre de Colombie-Britannique, Christy Clark, a décidé la semaine dernière d'une nouvelle législation pour lutter contre la culture du viol dans les universités.

Elle a confessé, dans une tribune au quotidien Vancouver Sun, avoir été victime d'une tentative de viol quand elle était âgée de 13 ans, en regrettant d'avoir gardé le silence pendant 37 ans.

"Nous ne partageons pas nos histoires car nous pensons que cela n'intéresserait personne si nous la faisions, et nous vivons alors avec la fausse impression que nous sommes seules avec notre peur et notre honte", a-t-elle écrit.

Pour Santa Ono, président de University of British Columbia, le viol "n'est pas un problème propre à une université et tous les présidents d'universités sont aux prises avec depuis des années".

Avec AFP

XS
SM
MD
LG