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Incertitudes sur le rapatriement de la dépouille d’Etienne Tshisekedi à Kinshasa


Un beret a été déposé sur le cercueil d'Etienne Tshisekedi lors d'une cérémonie à Bruxelles, en Belgique, le 5 février 2017.

Un beret a été déposé sur le cercueil d'Etienne Tshisekedi lors d'une cérémonie à Bruxelles, en Belgique, le 5 février 2017.

Aucune date officielle n’est avancée pour le retour dans la capitale de la RDC du corps de l’opposant historique congolais décédé à Bruxelles le 1er février dernier de suite d’une embolie pulmonaire. Une divergence persiste entre le pouvoir et l’opposition. Cette dernière exige qu’un Premier ministre soit d’abord nommé selon l’accord du 31 décembre pour que des obsèques soient organisées en mémoire de M. Etienne Tshisekedi.

"Comme le président Etienne Tshisekedi lui-même, de son vivant, respectait toujours la volonté du peuple et qu’aujourd’hui le peuple a dit qu’il est impérieux par respect de sa mémoire qu’on puisse d’abord commencer par matérialiser l’accord et qu’on sache –d’ici 48 à 72 heures- qui est le Premier ministre avant d’enterrer notre leader, il faut qu’on respecte cette volonté. Car même la famille biologique est d’accord avec la volonté du peuple", indique Lisanga Bonganga, leader du groupe appelé la Coalition des alliés d’Etienne Tshisekedi.

Ce membre du comité des sages du Rassemblement, principale plate-forme de l’opposition constituée en mars dernier autour de M. Tshiskedi, parlait à l’issue des discussions avec la famille de l’opposant sur l’organisation du deuil.

M. Bonganga met en doute que la famille de M. Tshisekedi ait accepté l’avion que propose le gouvernement pour ramener la dépouille du leader de l’opposition.

Pour lui, il faudrait d’abord reprendre les discussions sur la mise en application de l’accord signé le 31 décembre autour des évêques catholiques en vue de la tenue des élections reportées, avant fin 2017.

Les prélats membres de la Conférence épiscopale nationale du Congo, médiateurs au dialogue, devraient retourner au pays mardi dans la soirée après un voyage en Suisse.

"Le président Tshisekedi a, depuis les élections chaotiques de 2011, mené un grand combat pour qu’il y ait un dialogue dans le pays et maintenant qu’on arrive à une étape où s’il y a une bonne volonté de la part de nos amis du pouvoir, on peut terminer les travaux sur les arrangements particuliers pour la mise en application de l’accord du dialogue, nous devons honorer sa mémoire en concluant ces travaux avant de l’enterrer", martèle-t-il.

Le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, cité pat le site d’information Actualité.cd, souligne, pour sa part, que les travaux sur les arrangements particuliers ne pourront reprendre qu’après les funérailles.

Selon M. Mende, le gouvernement a mis à la disposition des moyens pour qu’une délégation de cinq membres de la famille et 10 du parti de Tshisekedi, l’Union pour la démocratie et le progrès social (Udps), se rendent à Bruxelles en vue des démarches pour ramener la dépouille de l’opposant.

La délégation, conduite par Mgr Gérard Mulumba, jeune frère de M. Tshisekedi, devrait quitter Kinshasa mercredi.

Aucun membre de la famille n’a été joignable pour confirmer.

Félix Tshisekedi, fils de l’opposant décédé, candidat du Rassemblement au poste du Premier ministre, a, cette semaine, été interpellé en plein deuil par une masse de partisans de son père qui lui ont demandé de ne pas ramener la dépouille de son père aussi longtemps que sa désignation à la tête du gouvernement n’aura pas été acceptée par la majorité.

L’application de l’accord du 31 décembre butte entre autres sur la désignation du Premier ministre.

La famille politique présidentielle exige que l’opposition lui présente entre 3 à 5 noms pour que le Chef de l’Etat en choisisse un.

Il n’en est pas question pour l’opposition qui rétorque que l’accord prévoit que le Rassemblement désigne le Premier ministre.

Cette plate-forme avait même déjà présenté le nom de Félix Tshisekedi en plein milieu du dialogue.

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