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Les séparatistes anglophones pointés du doigt après des incendies au Cameroun


Les passants devant le marché de Limbe réduit en fumée, le 3 avril 2017

Le gouvernement accuse les groupes séparatistes des régions anglophones d’être derrière les incendies de bâtiments publics, dont celui du grand marché de Limbe. Ces destructions ont provoqué de nouveaux appels au dialogue pour mettre fin à la grève de cinq mois dans les zones anglophones.

L'incendie du marché de Limbe, samedi, a duré quatre heures. Cinquante magasins ont été détruits.

Un suspect, membre présumé d’un groupe sécessionniste, a été arrêté d’après le gouverneur de la région du sud-ouest, Bernard Okalia Bilai.

"Le suspect a déjà dénoncé bon nombre de ses complices, et ceux qui sont liés à cet acte de terrorisme devront répondre de leurs actes. Nous voulons appeler la population du sud-ouest à la paix et je veux rassurer la population de Limbe, l'administration est là avec les forces de l’ordre pour les protéger. "

L’incendie du marché de Limbe met en évidence les dangers et l'impasse grandissante dans les deux régions anglophones du Cameroun. Des avocats et des enseignants anglophones sont en grève depuis novembre. La plupart des écoles sont fermées et les entreprises sont paralysées. Les grévistes exigent des réformes contre l’utilisation écrasante du français dans ce pays bilingue.

Certains grévistes exigent un retour au fédéralisme, d'autres appellent à l’indépendance des zones anglophones. Plusieurs écoles, résidences privées, postes de police, bâtiments administratifs ont été brûlés. Ces actes n’ont pas été revendiqués.

Le législateur Enow Tanjong de la région du sud-ouest s'est adressé à ses collègues sénateurs le 13 mars. "J'aimerais souligner et fustiger l'incendie criminel qui a ravagé la Faculté de médecine de l'Université de Bamenda et la destruction du bloc administratif de l'école secondaire d’Akwaya. L'élite politique, les personnalités religieuses, les membres de la société civile et les chefs traditionnels ont tous rejoint le chef de l'Etat dans son appel au dialogue et à la paix ".

A l’occasion d’une visite à Bamenda, il y a deux semaines, le Premier ministre camerounais a estimé que les incendies étaient des tentatives d'exercer une pression sur le gouvernement. En réponse, le gouvernement a coupé Internet dans les zones anglophones et procédé à de nombreuses arrestations dont trois leaders, accusés d’être liés aux violences. S'ils sont reconnus coupables, ils risquent la peine de mort, selon la loi antiterroriste du Cameroun.

Les négociations pour mettre fin à la grève ont échoué lorsque l'État a refusé de relâcher les détenus.

Le député Joseph Banadzem, du SDF principal parti d'opposition, appelle à un compromis. "Le gouvernement et les grévistes devraient revenir à la table des négociations. L'une des conditions est la libération de ceux qui négociaient avec le gouvernement et qui ont été arrêtés et amenés à Yaoundé. La paix n'a pas de prix. On devrait pouvoir les amnistier, libérer ces personnes et laisser les écoles ouvrir. "

A plusieurs reprises, le président Paul Biya s’est dit ouvert au dialogue mais n’était pas prêt à libérer les suspects, ni ouvrir des discussions qui remettraient en cause l'unité nationale du Cameroun.

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