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Impossible pour nombre de jeunes Africains éduqués de décrocher un emploi


L'agriculture emploie toujours un grand nombre de jeunes en Afrique

L'agriculture emploie toujours un grand nombre de jeunes en Afrique

Pour des millions de jeunes Africains, certains d'entre eux très bien éduqués, il reste presque impossible de décrocher un emploi stable avec un salaire décent. Dans une nouvelle étude publiée mardi, la Banque mondiale évoquait la nécessité de redoubler d’efforts pour résoudre le problème du chômage des jeunes en Afrique.

Le chômage étouffe la croissance économique, et il est associé à des niveaux plus élevés de criminalité, violence et abus des stupéfiants. Selon l’Organisation internationale du travail (OIT), le taux de chômage des jeunes Africains serait le double des adultes, alors même qu’ils sont mieux éduqués que jamais.

Parmi eux, Babacar Sougoufara, 27 ans, titulaire d’un diplôme en comptabilité de l’université Cheikh Anta Diop à Dakar. Dans une interview avec la Voix de l’Amérique (VOA), il a avoué chercher du travail depuis deux ans, en vain.

L’OIT chiffre à environ 73,4 millions le nombre de jeunes chômeurs à travers le monde en 2013. Leur pourcentage, qui était de 12,4 pour cent en 2012, devrait passer à 12,7 pour cent de la main d’œuvre en 2014.

Pour Simon Carter, Directeur du Centre de Recherches pour le Développement International (CRDI), cette tendance a de quoi inquiéter. « C'est une préoccupation de toute évidence pour les politiciens qui s'inquiètent de la menace de troubles au fur et à mesure que les populations deviennent plus éduqués, et qu’elles ont davantage d’attentes. Mais je pense surtout que c'est une énorme ressource, potentiellement perdue, si on ne trouve pas les moyens de débloquer la créativité des gens, pour leur permettre d'innover, de lancer de nouvelles entreprises » a déclaré M. Carter.

A l’origine du chômage, selon le responsable : les carences des systèmes pédagogiques, l’incapacité des gouvernements et du secteur privé de permettre au capital humain d’accéder aux fonds nécessaires pour lancer des entreprises, et l’excès de règlementation qui étouffe la créativité des jeunes.

Par ailleurs, l’écart entre les qualifications des jeunes, et les besoins du marché du travail, renforce le chômage, souligne le Dr. N'Zué Félix Fofana, directeur de l'Unité d'analyse des politiques économiques de la Commission de la Cedeao.

Onze millions de jeunes Africains devraient faire chaque année leur entrée sur le marché du travail au cours de la prochaine décennie, avertissait mardi la Banque mondiale. L’adoption de politiques adéquates capitalisant sur le fait que l'Afrique est la région la « plus jeune » au monde, du fait de son taux élevé de natalité, pourrait générer plus de prospérité pour les Africains et plus de croissance économique pour les pays du continent.
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