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Il reste "moins de 100" jihadistes selon Ankara à Al-Bab en Syrie


Les forces armées turques et les membres de l’Armée libre syrienne déployés dans la banlieue d’Al-Bab, Syrie, 4 février 2017.

Les forces armées turques et les membres de l’Armée libre syrienne déployés dans la banlieue d’Al-Bab, Syrie, 4 février 2017.

Les forces d'Ankara ont déjà repris "plus de la moitié" de la ville d'Al-Bab, bastion syrien du groupe Etat islamique (EI) qui n'y compte désormais que "moins de 100" combattants, indique le ministre turc de la Défense Fikri Isik.

"Nous estimons que le nombre (de jihadistes) est tombé en dessous de 100", a déclaré le ministre Isik. "Mais ce sont des hommes très dangereux (...), des tireurs embusqués, des kamikazes", a-t-il ajouté.

Selon M. Isik, les rebelles syriens appuyés par des militaires turcs ont repris "plus de la moitié" d'Al-Bab, où se poursuivent des "opérations de nettoyage quartier par quartier".

Al-Bab, dernière place forte encore aux mains de l'EI dans la province d'Alep, est la cible depuis plusieurs mois d'une offensive conjointe des forces turques et de groupes rebelles syriens.

La Turquie a lancé fin août une opération militaire en soutien aux rebelles dans le nord de la Syrie pour en chasser l'EI et des milices kurdes alliées de Washington contre les jihadistes, mais considérées comme "terroristes" par Ankara.

Après une rapide progression, Al-Bab a marqué un coup d'arrêt : les militaires turcs, qui y mènent l'assaut depuis le 10 décembre, y ont perdu 69 hommes.

"Les combats se concentrent dans le centre-ville", a déclaré mercredi à l'AFP Saïf Abou Bakr, commandant du groupe rebelle Al-Hamza, affirmant que les jihadistes étaient "dans un état d'effondrement".

Cependant, l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), qui s'appuie sur un vaste réseau de sources en Syrie, soutient que les autorités turques et les rebelles ont bien moins progressé qu'ils ne l'affirment.

"Les Turcs et les rebelles contrôlent au maximum 25% d'Al-Bab et il y a au moins 700 jihadistes qui combattent", a indiqué à l'AFP à Beyrouth le directeur de l'OSDH Rami Abdel Rahmane.

Des commandants rebelles syriens qui participent à l'opération ont expliqué à l'AFP que l'EI opposait une résistance farouche, utilisant des tireurs embusqués et des explosifs dissimulés.

Et alors que les combats font désormais rage dans la ville, les Nations unies ont dit leur "profonde préoccupation" au sujet de quelque 5.000 civils pris au piège des combats dans et autour d'Al-Bab.

"Le conflit à Al-Bab a mis en grave danger les civils, dont de nombreux enfants et femmes", s'est alarmé dans un communiqué Kevin Kennedy, coordonnateur régional de l'ONU pour la crise syrienne. "Toutes les parties doivent faire en sorte que les civils soient protégés", a-t-il ajouté.

Selon l'OSDH, 124 civils ont été tués dans des bombardements turcs à Al-Bab au cours des deux dernières semaines.

L'armée turque nie régulièrement ces accusations et affirme faire tout son possible pour éviter des pertes civiles.

Avec AFP

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