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Humanitaire tuée au Burundi en 2007: son organisation dénonce une "enquête au point mort"


Une femme porte une pancarte "Papa, aide mon pays le Burundi" avant une messe a Nairobi du Pape Francois au Kenya. Nov 26, 2015. REUTERS/Goran Tomasevic - RTX1VX5V

Une femme porte une pancarte "Papa, aide mon pays le Burundi" avant une messe a Nairobi du Pape Francois au Kenya. Nov 26, 2015. REUTERS/Goran Tomasevic - RTX1VX5V

L'enquête sur le meurtre en 2007 au Burundi d'Agnès Dury, une jeune volontaire française d'Action contre la faim (ACF), est "au point mort", a dénoncé lundi l'organisation non gouvernementale, qui craint "un enlisement du dossier"

Cette psychologue de 31 ans avait été tuée le 31 décembre 2007 dans une voiture d'ACF qui avait été la cible de tirs à Ruyigi, dans l'est du pays.

"Depuis huit ans, les parties civiles demandent la vérité sur la mort d'Agnès et la traduction des coupables en justice. L'enquête s'essouffle et le contexte de violences particulièrement graves que connaît le pays depuis quelques temps contribue à bloquer toute avancée du dossier", souligne ACF dans un communiqué.

Le Burundi est plongé dans une profonde crise politique depuis la candidature fin avril du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat, que l'opposition, la société civile et une partie de son camp jugent contraire à la Constitution. Le pays a connu une guerre civile qui opposa entre 1993 et 2006 l'armée, majoritairement tutsi, à des groupes rebelles hutu.

"Depuis septembre 2015, une nouvelle juge d'instruction, Mme Sophie Caporali, est en charge de l'enquête. Les parties civiles n'ont toujours pas pu la rencontrer, ce qui fait craindre un enlisement du dossier", a-t-elle ajouté.

"Alors que je devrais me sentir épaulée par la justice française, l'inertie à laquelle je suis confrontée depuis des années m'interroge sur la volonté réelle des justices française et burundaise de trouver les assassins de ma soeur", a commenté Séverine Dury, citée dans le communiqué.

En septembre 2010, deux policiers français s'étaient rendus au Burundi pour procéder à une enquête de terrain, après un premier déplacement infructueux en 2008. Leur rapport d'enquête avait mis en cause un policier burundais, à l'encontre duquel un mandat d'arrêt international avait été délivré en février 2011. Ce policier est toujours recherché.

Avec AFP

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