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Human Rights Watch fustige les disparitions forcées en RDC


L’« Opération Likofi » menée par la police congolaise a duré de novembre 2013 à février 2014, et visait des membres présumés de gangs à Kinshasa, la capitale.

La police de la République démocratique du Congo(RDC) a sommairement tué au moins 51 jeunes hommes et garçons et soumis 33 autres à des disparitions forcées au cours d'une campagne anti-criminalité lancée il y a un an. C’est ce qu’a déclaré Human Rights Watch (HRW) dans un rapport publié mardi. L’« Opération Likofi », qui a duré de novembre 2013 à février 2014, visait des membres présumés de gangs à Kinshasa, la capitale.

Le rapport intitulé, « Opération Likofi : Meurtres et disparitions forcées aux mains de la police à Kinshasa », repose sur des déclarations de témoins oculaires, affirme l’ONG de défense des droits humains. Des policiers auraient interpellé les suspects pendant la nuit avant de les exécuter. D’autres auraient été emmenés par les forces de l’ordre, et sont depuis portés disparus.

« L’Opération Likofi a été une campagne brutale de la police congolaise qui a laissé une trainée de meurtres commis de sang-froid dans la capitale », a déclaré Daniel Bekele, directeur de la division Afrique à HRW, dans un communiqué.

Selon l’agence Reuters, le ministre congolais de l’Intérieur, Richard Muyej, a déclaré que des enquêtes ont été ouvertes sur les agissements des policiers. « Pour nous, la transparence est importante », a dit le ministre, toujours cité par Reuters.

« Le commandement de l'Opération Likofi a alterné officiellement entre le Général Célestin Kanyama et le Général Ngoy Sengelwa », note HRW, qui a appelé les autorités congolaises à suspendre immédiatement le Général Kanyama de ses fonctions, et à ouvrir une enquête judiciaire sur son rôle présumé dans ces exactions.

En octobre, le Bureau conjoint des Nations Unies pour les droits de l'homme (UNJHRO) a accusé la police congolaise d’avoir exécuté au moins neuf civils lors de ces rafles, qui ont pris fin en février. Mais l’administration Kabila a rejeté ce rapport et a expulsé Scott Campbell, le directeur du bureau dans le pays.

Le rapport, basé sur les enquêtes menées par le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l'homme, documentait également la disparition forcée d'au moins 32 personnes par des agents de la police nationale congolaise.

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