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HRW accuse des responsables nigérians de viols sur des victimes de Boko Haram


Camp de Bakkasi pour les déplacés internes après une manifestation contre les rations de nourriture trop petites, à Maiduguri, dans l'État de Borno, Nigeria, le 29 août 2016.

Camp de Bakkasi pour les déplacés internes après une manifestation contre les rations de nourriture trop petites, à Maiduguri, dans l'État de Borno, Nigeria, le 29 août 2016.

Human Rights Watch a accusé lundi des responsables nigérians, notamment des policiers et soldats, d'avoir violé et abusé de femmes réfugiées dans des camps du nord-est du Nigeria.

"C'est déjà terrible que ces femmes et jeunes filles n'obtiennent pas le soutien dont elles ont tant besoin après les traumatismes effroyables dont elles ont été victimes aux mains de Boko Haram", déclare Mausi Segun, chercheur à HRW, dans un communiqué.

"Mais c'est honteux et scandaleux que les personnes qui sont censées protéger ces femmes et ces filles les attaquent et abusent d'elles", dénonce-t-il.

HRW affirme avoir en juillet recensé 43 femmes et filles dans sept camps de déplacés de Maiduguri, capitale de l'Etat du Borno (nord-est), qui ont été abusées sexuellement par des responsables de camps, des membres de milices d'autodéfense, des policiers et des soldats.

L'Etat du Borno a été dévasté par l'insurrection islamiste ultra violente de Boko Haram et sa répression féroce par l'armée et les services de sécurité. Ces violences ont fait au moins 20.000 morts et 2,6 millions de déplacés depuis 2009.

Quatre victimes interrogées par l'organisation de défense des droits de l'homme ont affirmé avoir été droguées et violées.

Trente-sept autres ont rapporté avoir été conduites à avoir des relations sexuelles avec ces responsables en échange de fausses promesses de mariage ou d'aide médicale et financière.

"Plusieurs de ces victimes ont déclaré avoir été abandonnées quand elles sont tombées enceintes. Elles et leurs enfants ont ensuite souffert de discriminations, d'abus, de stigmatisation de la part des autres habitants du camp", fustige HRW.

L'organisation cite le témoignage d'une jeune fille de 17 ans, violée et mise enceinte par un policier.

"Un jour, il m'a demandé d'avoir des relations sexuelles avec lui", raconte-t-elle. "J'ai refusé, mais il m'a forcée. Cela n'est arrivé qu'une fois, mais je me suis tombée enceinte. Quand je lui en ai parlé, il a menacé de me tuer si j'en parlais à quelqu'un. J'étais terrorisée, et je n'ai pas porté plainte...", explique cette victime.

Selon HRW, les pénuries de nourriture, de vêtements, de médicaments sont telles dans les camps qu'elles rendent ces déplacés particulièrement vulnérables aux abus et à l'exploitation: "dans certains cas, les hommes utilisent leur position de pouvoir et des cadeaux sous la forme de nourriture ou d'objets de première nécessité pour avoir des relations sexuelles avec ces femmes".

En juillet, l'ONU a annoncé que 250.000 enfants de moins de 5 ans souffraient de malnutrition aiguë dans le seul Etat du Borno.

Avec AFP

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