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Mort du diplomate américain Richard Holbrooke


Richard Holbrooke avait 69 ans.

Richard Holbrooke avait 69 ans.

L'envoyé spécial américain pour le Pakistan et l'Afghanistan, Richard Holbrooke, hospitalisé à Washington, est mort à l'âge de 69 ans.

« Richard est acharné, il ne s'arrête jamais. L'Amérique et le monde sont plus sûrs grâce au travail de l'ambassadeur Richard Holbrooke, un des géants de la politique étrangère américaine ».

Ces mots prononcés avant l’annonce du décès du diplomate sont ceux de Barack Obama qui espérait encore lors d'une réception donnée au Département d'Etat ce lundi.

Né en 1941, Richard Holbrooke rejoint le Foreign Service dès 1962. C’est au Vietnam qu’il effectue sa première mission de terrain pour l’USAID dans le Delta du Mékong. Une expertise qui le conduira tout droit à la Maison Blanche comme conseiller du président Lyndon B. Johnson dans les années 1960.

Sous l’administration Carter, Holbrooke occupe le poste de secrétaire d’Etat adjoint aux affaires Est asiatiques et pacifiques. A ce titre, il est en charge du rapprochement entre la Chine et les Etats-Unis après la normalisation de leurs relations en décembre 1978.

Sous les présidences républicaines, le diplomate devient banquier, notamment pour Lehman Brothers.

Remis en scelle par l’arrivée au pouvoir de Bill Clinton, il est nommé secretaire d’Etat adjoint aux affaires européennes. Une fonction qui lui donnera l’occasion de négocier l’accord de paix de Dayton en 1995 mettant fin à la guerre de Bosnie. « Les négociations étaient à la fois cérébrales et physiques, abstraites et personnelles, à mi-chemin entre jouer aux échecs et faire de l’escalade » explique-t-il dans son livre To End a War. Un succès diplomatique qui lui vaudra son surnom : le Kissinger des Balkans.

Après l’élection d’Hillary Clinton au Sénat en 2000, Holbrooke devient son conseiller pour la politique étrangère dans l’espoir de devenir enfin Secrétaire d’Etat. Hélas pour lui, c’est Barack Obama qui remporte les primaires démocrates et s’ouvre la voie de la Maison Blanche.

En janvier 2009, il accepte son ultime mission en tant qu’envoyé spécial américain pour le Pakistan et l'Afghanistan. Entre guerre et terrorisme, le diplomate prône la patience dans cette région qu’il qualifie « d’importance vitale pour la sécurité nationale américaine ».

Il n’aura pas eu l’occasion de mener cette dernière mission à son terme. Il s’est éteint à 69 ans dans un hôpital washingtonien.

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