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Hausse des nouvelles infections à VIH en Ouganda


Un homme se fait tester pour le VIH/sida à Kampala, en Ouganda (Reuters)

Un homme se fait tester pour le VIH/sida à Kampala, en Ouganda (Reuters)

En 2014, l’Ouganda a recensé le troisième plus grand nombre de nouvelles infections à VIH de toute l’Afrique sub-saharienne, après l'Afrique du Sud et le Nigeria.

Bien que le pourcentage de personnes vivant avec le VIH / sida soit la moitié de ce qu'il était dans les années 1980, l'augmentation des nouvelles infections inquiète les travailleurs de la santé.

Les panneaux publicitaires sur le VIH/Sida sont omniprésents en Ouganda, et avertissent très clairement contre le danger des relations sexuelles non protégées. Mais selon la Commission sur le SIDA de l’Ouganda, le pays enregistre actuellement le troisième taux le plus élevé de nouvelles infections du continent. Selon des responsables de la santé, c’est entre autre parce que l’Ouganda est victime de son propre succès, surtout depuis l’introduction dans le pays des antirétroviraux.

L’Ouganda est fréquemment donnée en exemple, le taux de prévalence du virus étant tombé de 15 pour cent en 1991, à 7,3 pour cent aujourd’hui. Mais le risque de devenir séropositif reste bien réel parmi les jeunes adultes.

« Je voulais poursuivre mes études” explique Joyce, 30 ans. « Mais je sortais avec ce type. Il a décidé de payer mes frais de scolarité. Alors j’ai été imprudente et j’ai eu des rapports non protégés avec lui. Je pense que c’est à ce moment que je suis devenue séropositive », ajoute-t-elle.

Les activistes désespèrent, parce que trop d’Ougandais n’utilisent pas de préservatif.

« On voit bien que 35 à 40 pour cent des gens qui devraient utiliser des préservatifs ne le font pas” s’exclame Henry Magala, directeur de programme à la Fondation santé du SIDA.

Le gouvernement ougandais n’est pas insensible à cette nouvelle crise. Il a créé un Fonds fiduciaire du VIH/Sida pour financer une campagne de sensibilisation. D’autant que le financement de la lutte contre la pandémie a été difficile ces dernières années, ce qui a entrainé une pénurie de kits de dépistage du VIH/Sida et autres équipements.
« Nous avons continué à dépendre des donateurs pour ravitailler le pays en préservatifs. Donc, une fois que cet appui cesse, la population n’a plus de préservatifs pour se protéger » explique M. Magala de la Fondation santé du SIDA.

Cela fait cinq ans que Joyce est séropositive. Elle recommande à ses compatriotes dans la même position d’accepter leur statut. Plus vous êtes prêts à le reconnaitre, plus longtemps vous vivrez, dit-elle.

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