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Harcèlement sexuel en politique : 17 anciennes ministres françaises décident de ne plus se taire


Le président français François Hollande, à droite, la ministre de l'Environnement Ségolène Royal, à gauche, le Président Olafur Ragnar Grimsson (derrière) et la Première Dame de l'Islande, Dorrit Moussaieff, (au centre) lors d'une visite officielle en Islan

Le président français François Hollande, à droite, la ministre de l'Environnement Ségolène Royal, à gauche, le Président Olafur Ragnar Grimsson (derrière) et la Première Dame de l'Islande, Dorrit Moussaieff, (au centre) lors d'une visite officielle en Islan

Dix-sept anciennes ministres françaises se sont engagées dans un appel publié dimanche à dénoncer systématiquement les affaires de harcèlement sexuel en politique et "toutes les remarques sexistes, les gestes déplacés, les comportements inappropriés".

Elles affirment dans cet appel publié dimanche qu'elles ne se "tairont plus".

Ces ex-ministres de tous bords signent cet appel publié par le Journal du Dimanche après le témoignage inédit la semaine dernière de huit femmes, dont quatre élues, accusant de harcèlements sexuels et d'agression un député écologiste, Denis Baupin.

Ces révélations, rejetées par l'intéressé, ont contribué à fissurer un peu plus l'omerta qui règne sur les comportements machistes, voire délictuels, de nombreux hommes politiques français.

"Comme toutes les femmes qui ont accédé à des milieux auparavant exclusivement masculins, nous avons eu à subir et à lutter contre le sexisme. Ce n'est pas aux femmes à s'adapter à ces milieux, ce sont les comportements de certains hommes qui doivent changer".

"Cela suffit. L'immunité, c'est fini. Nous ne nous tairons plus", disent-elles. "Nous dénoncerons systématiquement toutes les remarques sexistes, les gestes déplacés, les comportements inappropriés. Nous encourageons toutes les victimes de harcèlement sexuel et d'agressions sexuelles à parler et à porter plainte."

Les signataires demandent en outre à leurs partis de "vérifier si de tels actes ont été commis et, si tel a été le cas, d'aider les victimes à faire éclater la vérité".

"Aujourd'hui, l'arsenal judiciaire existe mais les lois ne sont pas suffisamment appliquées, déplorent les anciennes ministres. "Le code du travail protège la salariée mais il n'est pas respecté. Peu de femmes portent plainte et très peu de plaintes débouchent sur des condamnations".

Elles estiment que "plusieurs pistes" doivent être étudiées, notamment l'allongement des délais de prescription en matière d'agression sexuelle, aujourd'hui de trois ans, la possibilité pour les associations de porter plainte à la place des victimes ou encore l'"instruction donnée aux parquets de poursuivre systématiquement en cas de harcèlement".

Cet appel est notamment signé par les anciennes ministres écologistes Cécile Duflot, Corinne Lepage, Dominique Voynet, de droite Roselyne Bachelot, Nathalie Kosciusko-Morizet, Valérie Pécresse et de gauche Elisabeth Guigou, Aurélie Filippetti, Fleur Pellerin ainsi que l'actuelle directrice du Fonds monétaire international, l'ex ministre de droite Christine Lagarde.

Avec AFP

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