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L'ONU garde un oeil sur Haïti, malgré le départ de ses Casques bleus


Membres de la Minustah distribuant de l'eau.

Sandra Honoré, diplomate trinidadienne qui dirige la Minustah depuis juillet 2013, affirme que l'ONU reste attentive aux choix politiques du gouvernement haïtien, et déplore encore les crimes sexuels commis par des Casques bleus, qui doivent quitter le pays d'ici octobre.

Question : La mission des Nations unies en Haïti a causé beaucoup de tort au regard des crimes sexuels commis par des Casques bleus. N'est-ce pas, pour vous, l'énorme faille de la Minustah qui était venue à partir de 2004 pour aider Haïti?

Sandra Honoré : "Évidemment, tout cas est lamentable et notre procédure est élaborée d'une telle façon que nous cherchons à faire une investigation rigoureuse, à rendre compte à notre siège et à faire la communication avec le pays dont la personne responsable est originaire pour qu'il y ait des suites en justice où c'est nécessaire. Et pour qu'il y ait également si besoin, en cas de naissance d'un enfant, détermination de paternité à travers les examens ADN. Nous avons également une procédure d'appui et de conseils aux victimes."

Q: Le plan de réponse contre l'épidémie de choléra, causée par des Casques bleus népalais, est encore très largement sous-financé (à peine 2 millions de dollars versés sur les 400 millions nécessaires). Comprenez-vous la colère des victimes qui voient le départ de la Minustah comme un signe d'impunité des responsables ?

Sandra Honoré : "Le secrétaire général Guterres, très tôt après son entrée en fonction, a communiqué avec les Etats membres pour relancer l'appel pour des contributions à cette nouvelle approche. Cette contribution, aux efforts du gouvernement d'Haïti pour éliminer la transmission du choléra, est une tâche à laquelle les Nations unies travaillent conjointement avec le gouvernement depuis 2010. Entre octobre 2010 et la fin du mois de décembre 2016, les Nations unies ont appuyé le gouvernement à mobiliser plus de 330 millions de dollars en soutien au plan national d'élimination du choléra. C'est à dire que le travail des agences des Nations unies a été constant depuis le début de l'épidémie."

Q: Avec le départ des Casques bleus, la société civile haïtienne redoute une politisation de la police. Les changements opérés cette semaine au sein de la PNH (après les jets de pierre dont le cortège présidentiel a été la cible le week-end dernier) donnent un mauvais signal. Est-ce une crainte que vous partagez ?

Sandra Honoré : "J'ai reçu de la part du gouvernement un engagement pour que la politique nationale puisse se développer et rester apolitique pour protéger et servir la population haïtienne comme un tout et j'espère que cet engagement de la part du gouvernement se consolidera, que l'on verra les effets de ceci. Il y a eu ces changements cette semaine au sein de la police, oui. Les changements ont été expliqués comme le désir de renforcer certains aspects du travail de la police nationale et je crois que le gouvernement comprend le sens des commentaires qui ont été faits par la société civile haïtienne et par certains partenaires internationaux en ce qui concerne l'impérieuse nécessité que la police reste apolitique, au service de toute la population."

Avec AFP

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