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Guinée : six mois de prison ferme pour des manifestants


Des manifestations dans Conakry, 13 avril 2015

Des manifestations dans Conakry, 13 avril 2015

Douze personnes ont été condamnées par le tribunal de Dixinn pour "troubles à l'ordre public" après des heurts entre partisans de l'opposition et forces de l'ordre à Conakry.

Ces personnes avaient été arrêtées après les manifestations des 13 et 14 avril entre partisans de l'opposition et forces de l'ordre. Ces violences ont fait deux ou trois morts, selon les bilans respectifs du gouvernement et de l'opposition, et plus d'une dizaine de blessés.

Chaque condamné doit également payer une amende d'un montant équivalent à 63 euros. Sept prévenus ont été relaxés pour "délit non constitué".

"C'est un déni de justice et une farce judiciaire. Mes clients ont été arrêtés non pas sur les lieux de la manifestation mais plutôt dans leur domicile. Certains même étaient en train de boire du thé avec leurs camarades", a indiqué Me Thierno Souleymane Baldé, leur avocat, à VOA Afrique.

Il a annoncé faire appel du jugement.

Ses clients ont, selon lui, "tous été torturés, battus et dépouillés de leurs biens", dont de l'argent et des téléphones portables.

Parmi ces personnes, cinq ont été condamnées le 16 avril à des peines de deux à six mois ferme et à payer une amende de 63 euros, notamment pour "troubles à l'ordre public", par un tribunal de Conakry.

L'opposition avait appelé à manifester pour protester contre l'insécurité et l'inversion du calendrier électoral par la commission électorale, qui a repoussé les élections locales à mars 2016, soit après la présidentielle fixée à octobre 2015.

Elle est de nouveau descendue dans la rue lundi à Conakry et a appelé à manifester jeudi dans tout le pays.

L'opposition dit craindre que les exécutifs communaux provisoires désignés par le pouvoir, faute de scrutin à cet échelon depuis 2005, ne favorisent des fraudes au profit du président Alpha Condé, élu en 2010.

M. Condé a récemment balayé les soupçons de fraude sur VOA Afrique, assurant que les exécutifs locaux ne jouaient "aucun rôle" pour la présidentielle.

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