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Quatre soldats condamnés pour "incitation" à l'indiscipline en Guinée


Vue sur la capitale guinéenne, à Conakry, le 8 octobre 2015.

Quatre soldats guinéens, dont un jugé par contumace, ont été condamnés mardi par un tribunal militaire à des peines de six mois à cinq ans de prison pour "incitation" à l'indiscipline.

Les quatres soldats sont deux adjudants - dont un en fuite - et deux adjudants-chefs mis en cause pour avoir tiré des coups de feu en l'air dans un camp militaire de Conakry, le plus grand du pays, dans la nuit du 19 au 20 janvier. Ils ont été jugés pour "incitation à commettre des actes contraires au devoir et à la discipline".

Les tirs en l'air visaient à réclamer de meilleures conditions de vie et de travail pour les militaires", ont expliqué les prévenus durant leur procès qui s'était ouvert le 9 février à Conakry devant le tribunal militaire présidé par un juge civil. Les trois soldats avaient été arrêtés entre le 26 et le 27 janvier.

"Nous avons agi pour attirer l'attention de la hiérarchie militaire sur les conditions miséreuses de la vie des militaires", avait déclaré l'un des accusés, l'adjudant-chef Ibrahima Sylla, lors d'une audience le 6 mars. "Nous payons nous-mêmes nos uniformes, les chaussures dont une paire peut coûter jusqu'à 700.000 francs guinéens (70 euros)".

Mardi, le tribunal militaire les a tous quatre reconnus coupables.

Trois d'entre eux, l'adjudant Ibrahima Sylla et les adjudants-chefs Oumar Condé et Amara Kalabane ont été condamnés "à six mois d'emprisonnement chacun" et "solidairement au paiement d'un franc symbolique", a déclaré le président du tribunal, El Hadji Sékou Kéita.

L'adjudant en fuite, Ibrahima Sorry Camara, a été condamné à cinq ans de prison ferme. Un mandat d'arrêt a été lancé à son encontre.

Le 6 mars, le procureur militaire, le colonel Kaba Kourouma, avait requis cinq ans contre les trois prévenus présents au procès et dix ans contre leur co-accusé jugé par contumace.

La défense avait plaidé l'acquittement.

L'un des avocats des prévenus a déclaré mardi à l'AFP qu'il se concerterait avec ses confrères en vue d'un éventuel "pourvoi en cassation".


Avec AFP

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