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Les victimes de violences lors des législatives de 2013 seront indemnisées en Guinée


Des policiers anti-émeutes patrouillent dans une rue de Conakry après une maniufestation, 7 mai 2015

Des policiers anti-émeutes patrouillent dans une rue de Conakry après une maniufestation, 7 mai 2015

Les forces politiques guinéennes sont convenues d'indemniser les victimes des violences électorales de 2013, au terme d'un dialogue national qui s'est achevé dans la nuit de lundi à mardi, date anniversaire de la réélection du président Alpha Condé.

Lancé le 22 septembre, trois semaines après une rencontre entre M. Condé et le chef de l'opposition, l'ex-Premier ministre Cellou Dalein Diallo, ce dialogue a débouché sur une série d'accords, notamment sur l'organisation des élections locales en février 2017, la réforme de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), et la création d'une Haute cour de Justice.

"Notre dialogue est théoriquement terminé, pratiquement il (le) sera lorsque tous les points de l'accord auront été exécutés", a déclaré lundi soir le ministre de l'Administration du territoire, Boureima Condé, qui présidait ces concertations entre forces politiques, société civile et partenaires internationaux.

L'ultime décision a porté sur la création de deux fonds d'indemnisation des victimes des nombreuses violences des élections législatives de 2013, qui avaient été entachées par des accusations de fraude massive.

"Un premier fonds sera consacré à l'indemnisation des ayants-droits des personnes décédées ainsi que des personnes handicapées et un second fonds sera destiné à indemniser les victimes de pillage", a expliqué le porte-parole de l'opposition, Aboubacar Sylla.

Ces fonds, "domiciliés au ministère de l'Administration du territoire, seront alimentés par l'Etat et les partenaires techniques et financiers", a ajouté M. Sylla.

L'information a été confirmée par Lansana Komara, un responsable du parti présidentiel, soulignant que cette indemnisation concernerait "seulement les victimes de 2013", dont le nombre n'a pas été précisé.

Amnesty International et Human Rights Watch (HRW) ont déploré lundi qu'un an après la réélection de M. Condé, "justice n'ait toujours pas été rendue" aux victimes de violences qui ont entouré le scrutin de 2015, dont une douzaine de meurtres et des viols.

"Les violations des droits humains commises au cours de la période précédant les élections législatives de 2013 sont également restées sans réponse, notamment quelque 60 décès, dont la majorité auraient été causés par des membres des services de sécurité", ajoutaient les deux organisations, dénonçant "un cycle dangereux de violations, d'exactions et d'impunité".

Ancien opposant historique, Alpha Condé est devenu en 2010 le premier président démocratiquement élu de cette ex-colonie française d'Afrique de l'Ouest, régie jusqu'alors par des pouvoirs autoritaires, voire dictatoriaux.

Avec AFP

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