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Guinée: le ministre de l'Intérieur et deux responsables limogés pour "faute lourde"


Le président guinéen Alpha Condé a limogé jeudi le ministre de l'Intérieur et deux autres responsables gouvernementaux pour "faute lourde", selon des décrets rendus publics à Conakry, après des violences meurtrières ayant suivi le week-end dernier un rassemblement religieux.

D'après ces décrets, il est mis fin aux fonctions du ministre de l'Intérieur Mahmoud Cissé, du secrétaire d'Etat aux Affaires religieuses El Hadj Abdoulaye Diassy et de son adjoint El Hadj Aboubacar Fofana. Il leur est reproché une "faute lourde", selon ces textes, qui ne fournissent aucun détail et n'annoncent pas de remplaçants.

Interrogée sur ces limogeages par l'AFP, une source à la présidence a affirmé : "Le président Condé reproche à ces désormais anciens collaborateurs la gestion catastrophique des évènements de Touba", du nom d'une ville de la préfecture de Gaoual (environ 250 km au nord de Conakry) abritant régulièrement des rassemblements de musulmans à l'occasion de fêtes et évènements religieux.

Des violences y ont éclaté le 14 novembre, au lendemain d'un grand rassemblement, entre camps rivaux autour de la construction d'une grande mosquée dans la cité. Le calme y était revenu le 15 novembre.

Le bilan est de "deux morts, de nombreux blessés", ainsi que des bâtiments et véhicules incendiés, a déclaré le procureur de la République près la Cour d'appel de Conakry, Chérif Moundjour, mercredi sur les médias d'Etat.

"Suite à ces dégâts, l'autorité a déployé les forces de sécurité pour le maintien de l'ordre dans la région", et une enquête a été ouverte, a affirmé M. Moundjour, faisant également état d'arrestations et de poursuites judiciaires.

"A ce jour, treize personnes ont été interpellées" et conduites "dans une brigade de gendarmerie et au commissariat central de police de Gaoual. Elles sont poursuivies pour des faits de meurtre, d'association de malfaiteurs, de destruction de biens privés et de coups et blessures volontaires", a-t-il précisé.

Ces limogeages interviennent à moins de quatre semaines de l'investiture d'Alpha Condé, réélu en octobre pour un second mandat de cinq ans. Il doit prêter serment le 14 décembre.

Officiellement, la Guinée, avec plus de 12 millions d'habitants, compte environ 85% de musulmans et 10% de chrétiens, le reste étant des adeptes de croyances traditionnelles.

AFP

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