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Guinée: des violences font un mort après l’exclusion d’un opposant de son parti


Photo d’archives (28 septembre 2013) : Le leader de l'opposition guinéen Cellou Dalein Diallo, chef de l'UFDG, s’apprêtant à voter à Conakry, en Guinée lors des élections législatives de 2013. (AP photo / Idrissa Soumaré)

Photo d’archives (28 septembre 2013) : Le leader de l'opposition guinéen Cellou Dalein Diallo, chef de l'UFDG, s’apprêtant à voter à Conakry, en Guinée lors des élections législatives de 2013. (AP photo / Idrissa Soumaré)

Un document signé par le leader de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), Cellou Dalein Diallo, indique qu'Amadou Oury Bah a tenu des "discours diffamatoires à l'encontre du président et de la direction nationale du parti".

Amadou Oury Bah, vice-président du principal parti d'opposition en Guinée, l'UFDG, rentré d'exil en France après avoir été gracié par le chef de l'Etat de sa condamnation à perpétuité, a été exclu par cette formation pour "indiscipline et insubordination", a appris l'AFP vendredi auprès de celle-ci.

Cette décision a provoqué des violences entre des sympathisants de M. Bah et la sécurité civile de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), qui ont entraîné la mort d'un journaliste de la presse privée guinéenne, selon des témoins dont un photographe de l'AFP.

M. Bah s'est rendu vendredi vers 16H00 (locales et GMT) au siège de l'UFDG pour assister à une réunion, en cours, des instances du parti. Empêché d'entrer par la garde de l'UFDG, il a tenté de forcer le passage, donnant lieu à une bousculade et à des jets de pierre entre ses sympathisants et la garde civile.

Durant la cohue, un coup de feu a été entendu, sans qu'il soit possible d'en déterminer l'origine dans l'immédiat. Les témoins ont ensuite vu s'effondrer El Hadj Mohamed Diallo, collaborateur des médias privés Guinée7 (site) et L'Indépendant (hebdomadaire), touché par balle à la poitrine. Evacué aux urgences de l'hôpital Donka, il a succombé à ses blessures, selon le photographe de l'AFP et une source hospitalière.

Dans une décision datée de vendredi et signée par son chef, l'ex-Premier ministre Cellou Dalein Diallo, l'UFDG a expliqué avoir exclu Amadou Oury Bah en raison de ses "discours diffamatoires" dans les médias "à l'encontre du président et de la direction nationale du parti".

Vendredi, M. Bah a assuré à l'AFP qu'il ne se sentait "pas concerné par cette décision, qui est nulle et de nul effet".

Selon un porte-parole du parti, Sékou Chérif Fadiga, l'exclusion a été prononcée à l'issue d'un débat interne de quatre heures jeudi soir, rassemblant la direction nationale et les députés de cette formation après que toutes les tentatives de médiation se sont révélées vaines.

"Depuis son retour au pays après quatre années d'exil par la faute du président Alpha Condé, qui l'a accusé de tentative de coup d'Etat, il (Amadou Oury Bah) a multiplié les attaques contre la direction nationale du parti et son président", tout en affichant "son soutien ferme au pouvoir à travers des sorties médiatiques", a souligné M. Fadiga.

Interrogé jeudi à la télévision nationale sur ce "changement brusque de ton" envers le président Condé, M. Bah a répété, comme il l'avait fait à son retour au pays le 24 janvier, vouloir s'inscrire "dans une dynamique de décrispation".

Exilé en France, Amadou Oury Bah avait été condamné à perpétuité par contumace par une Cour d'assises pour "atteinte à la sûreté de l'Etat", au procès de l'attaque du domicile privé d'Alpha Condé le 19 juillet 2011 à Conakry, au cours de laquelle un membre de la garde présidentielle avait été tué.

Il a bénéficié d'une grâce présidentielle peu après l'entrée en fonctions du chef de l'Etat pour son second mandat le 21 décembre 2015, avec 170 autres personnes, dont trois avaient écopé de peines de prison ferme en relation avec cette attaque.

Avec AFP

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