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Guinée : des ONG dénoncent l'agression d'un journaliste par la garde présidentielle


Alpha Conde, président de la Guinée lors d'une réunion à Washington, 9 octobre 2014.

Alpha Conde, président de la Guinée lors d'une réunion à Washington, 9 octobre 2014.

Des organisations de la presse guinéenne et Reporters sans frontières (RSF) ont dénoncé mercredi l'agression par des membres de la garde présidentielle d'un journaliste travaillant pour des médias privés le weekend dernier à Conakry.

Abdoul Malick Diallo, journaliste à l'hebdomadaire Le Populaire et au site Aminata.com, a expliqué à l'AFP que son agression s'était produite le 25 juin alors qu'il couvrait une réunion du parti du président Alpha Condé, le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), à son siège de Gbessia, près de l'aéroport.

Selon ses explications, il a été malmené sur place par des membres de la garde rapprochée du président lorsqu'ils l'ont vu prendre en photo le chef de l'Etat. Son appareil photo lui a été arraché, et il a été conduit à la base de la garde présidentielle, dans le quartier de Kaloum (centre-ville).

"J'ai été interrogé sur mes +intention inavoués+", et pendant cet interrogatoire, un des gardes "m'a administré un violent coup qui m'a projeté par terre. J'ai perdu connaissance, mais à mon réveil j'ai été conduit au bureau de presse de la présidence où on m'a remis mon matériel de travail", a affirmé Abdoul Malick Diallo.

Son état n'a cependant pas nécessité d'arrêt de travail. Il a précisé à l'AFP qu'il envisageait de porter plainte contre ses agresseurs.

L'agression du journaliste a été dénoncée par le syndicat des journalistes de presse privée de Guinée (SPPG), l'Association guinéenne des éditeurs de la presse indépendante (Agepi) et Reporters Sans Frontières (RSF).

L'Agepi a fait état de son "indignation face aux violences répétées contre les journalistes" durant la présidence d'Alpha Condé, élu en 2010 et réélu en 2015.

Le secrétaire général du SPPG, Sidi Diallo, a rappelé qu'avant cette agression, un journaliste de la presse privée avait été tué en février dans des heurts politiques à Conakry, et un autre condamné la semaine dernière à Kankan (est) pour des propos critiques envers le président tenus par un invité sur sa radio.

"Ca commence vraiment à inquiéter les professionnels de médias et ça ne fait que se multiplier", a-t-il ajouté.

"De tels actes de violence arbitraires envers les journalistes sont absolument intolérables", a de son côté déclaré RSF, demandant "que les éléments de la garde présidentielle responsables de cette agression soient identifiés et sanctionnés".

Avec AFP

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