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Guinée : la Cour constitutionnelle valide la réélection d'Alpha Condé au 1er tour


Une affiche électorale d'Alpha Condé à Conakry, en Guinée, le 10 septembre 2015. (REUTERS/Saliou Samb - RTS171I)

Une affiche électorale d'Alpha Condé à Conakry, en Guinée, le 10 septembre 2015. (REUTERS/Saliou Samb - RTS171I)

La Cour constitutionnelle guinéenne a déclaré, samedi soir, les trois recours en annulation du premier tour du 11 octobre recevables sur la forme mais les a rejetés sur le fond.

La Cour constitutionnelle guinéenne a validé, samedi 31 octobre au soir, la réélection au premier tour du président sortant Alpha Condé, après avoir rejeté l'ensemble des recours en annulation présentés par trois de ses sept adversaires, lors d'une audience publique retransmise en direct.

Le président de la Cour, Kèlèfa Sall, a donné lecture pendant près de 45 minutes de l'arrêt, en réponse aux trois requêtes en annulation du premier tour le 11 octobre. La Cour a les a toutes déclarées recevables sur la forme, mais rejetées sur le fond, concluant le plus souvent à l'absence de preuve ou d'influence sur les résultats.

Il a ensuite énuméré les résultats définitifs par candidat, très légèrement amendés par rapport aux résultats provisoires proclamés le 17 octobre par la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

Alpha Condé réélu avec 57,84 % des voix

La Cour "déclare en conséquence M. Alpha Condé, candidat présenté par le RPG Arc-en-ciel (Rassemblement du peuple de Guinée, au pouvoir), ayant obtenu 2 284 827 des suffrages exprimés, soit 57,84 %, élu président de la République pour la mandature allant du 21 décembre 2015 au 21 décembre 2020".

Trois des huit candidats, arrivés 4e, 5e et 6e, avec un peu plus d'1 % des voix chacun, avaient saisi la Cour constitutionnelle.

Ils invoquaient notamment l'autorisation par la Céni du vote sans enveloppe, l'expulsion de leurs délégués de nombreux bureaux de vote. Ils attestaient également d'irrégularités dans la distribution des cartes d'électeur et de la participation de mineurs dans les zones favorables au pouvoir.

"Mascarade"

Dès le lendemain du scrutin, les sept adversaires de M. Condé avaient dénoncé une "mascarade" et refusé par avance d'en reconnaître les résultats.

Mais le chef de l'opposition Cellou Dalein Diallo, arrivé deuxième avec 31,45 % des voix, avait prévenu le 17 octobre qu'il ne saisirait pas la Cour constitutionnelle, récemment créée, dont il conteste l'indépendance.

Il avait néanmoins promis d'appeler "le moment venu, les autres candidats et tous les citoyens qui sont les vraies victimes de ce hold-up électoral à organiser, conformément à la loi, des manifestations pacifiques".

"En attendant, je demande à tous les Guinéens de faire preuve de retenue et d'éviter toute forme de violence", avait-il précisé.

Les missions d'observations incapables de se prononcer sur la crédibilité du vote

Les différentes missions d'observation électorales, notamment européenne et africaines, ont constaté une série de problèmes logistiques et d'organisation mais salué la forte participation et l'absence de violences le jour du vote, affirmant ne pouvoir se prononcer sur les conséquences pour la crédibilité de l'élection.

Avec au moins 13 personnes tuées et quelque 80 blessées dans les violences électorales, selon Amnesty International, le bilan de la présidentielle de 2015 est sensiblement moins lourd que lors des deux précédents scrutins.

Ancien opposant, Alpha Condé est le premier président démocratiquement élu de cette ex-colonie française d'Afrique de l'Ouest, dirigée jusqu'alors par des pouvoirs autoritaires ou dictatoriaux.

Avec AFP

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