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Guerre des mots entre Téhéran et Ryad, Zarif dénonce le "fanatisme" saoudien


La Mecque (REUTERS/Ahmed Jadallah)

La Mecque (REUTERS/Ahmed Jadallah)

Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a accusé les autorités saoudiennes de "fanatisme", la dernière critique en date de la guerre des mots entre les deux pays sur fond de dispute sur le pèlerinage.

En froid depuis des mois, l'Arabie saoudite, chef de file de l'islam sunnite, et l'Iran, son rival régional chiite, ont multiplié les attaques virulentes avant le début samedi du pèlerinage annuel de La Mecque, duquel sont privés cette année les Iraniens.

"Il n'y a aucune ressemblance entre l'islam des Iraniens et de la plupart des musulmans et l'extrémisme fanatique que le haut dignitaire wahhabite et les maîtres saoudiens du terrorisme prêchent", a écrit M. Zarif sur son compte Twitter hier soir.

Il répondait au grand mufti d'Arabie saoudite, cheikh Abdel Aziz ben al-Cheikh, qui a affirmé que les Iraniens "ne sont pas des musulmans. Leur hostilité envers les musulmans est ancienne, plus particulièrement envers les sunnites".

Lui-même réagissait aux déclarations du numéro un iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, qui a appelé lundi à reconsidérer la gestion par Ryad des lieux saints musulmans à la Mecque et Médine.

L'ayatollah Khamenei a aussi accusé les dirigeants saoudiens qualifiés "d'égarés honteux" d'avoir "bloqué le chemin du hajj aux fidèles iraniens".

L'Iran et l'Arabie saoudite sont depuis des années engagés dans des luttes d'influence par procuration, notamment dans les conflits au Yémen et en Syrie.

Leurs relations se sont dégradées depuis la gigantesque bousculade qui avait endeuillé il y a un an le hajj à La Mecque, où quelque 2.300 pèlerins, dont 464 Iraniens, ont péri, selon des données compilées à partir de bilans fournis par leurs gouvernements respectifs.

Téhéran avait ensuite accusé les autorités saoudiennes d'"incompétence" dans l'organisation du hajj.

Les deux pays n'ont pas cette année réussi à trouver un accord pour l'envoi des pèlerins iraniens à la Mecque. C'est la première fois depuis presque trois décennies que les Iraniens n'y participent pas.

Pour l'Arabie saoudite, les conditions posées par l'Iran pour la participation de ses ressortissants sont "inacceptables", notamment celle d'organiser des manifestations.

L'ayatollah Khamenei doit recevoir ce mercredi les familles des victimes de la Mecque, selon les médias iraniens.

Avec AFP

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