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Le président Kaboré durcit le ton contre les groupes d'auto-défense au Burkina Faso


Le président français François Hollande, à droite, et le président du Burkina Faso, Roch Kabore, à gauche, se serrent la main à l'issue d’un point de presse tenu au terme une réunion à l'Elysée à Paris, France, 5 avril 2016. EPA / IAN LANGSDON

Le président français François Hollande, à droite, et le président du Burkina Faso, Roch Kabore, à gauche, se serrent la main à l'issue d’un point de presse tenu au terme une réunion à l'Elysée à Paris, France, 5 avril 2016. EPA / IAN LANGSDON

Les Koglwéogo, groupes d'auto-défense qui pullulent au Burkina Faso, vont devoir respecter les "droits humains" s'ils veulent continuer à maintenir l'ordre dans les campagnes, a lancé le président burkinabè de passage à Paris.

Deux facteurs expliquent l'émergence de ces milices rurales qui rendent une justice parfois expéditive, a expliqué le président Roch Marc Christian Kaboré dans un entretien à l'AFP. Le fait que "les forces de sécurité n'arrivent pas à assurer la sécurité sur l'ensemble du territoire" et "la défiance que les citoyens ont vis-à-vis de la justice".

Les Koglwéogo - qui signifie "protection de l'environnement" en langue nationale mooré -"ont fait parfois du bon travail, parce qu'ils ont pu récupérer des objets, des animaux volés à des paysans", a souligné le président Kaboré. "Là où le bât blesse, c'est que les méthodes qui sont utilisées vont à l'encontre des droits humains", a-t-il déploré.

Créés par des habitants des villages et des villes dans tout le pays pour lutter contre les voleurs et les coupeurs de route, ces groupes n'hésitent pas à frapper, fouetter et dépouiller les personnes suspectées d'avoir commis des vols ou de petits larcins.

Dix Koglwéogo ont été incarcérés en mars à Ouagadougou pour avoir passé à tabac un voleur présumé. En représailles, des centaines de membres de ces groupes ont bloqué à l'aide de troncs d'arbres et de grosses pierres la route nationale 4 (RN4) menant au Niger, au Bénin et au Togo.

Il faut "qu'ils sachent que le monde a changé et qu'il faut obligatoirement qu'ils s'adaptent", a estimé M. Kaboré. "S'ils veulent continuer à travailler pour assurer la sécurité des citoyens, ça sera (en lien) avec la police et la gendarmerie. Tous ceux qui se mettront en dehors de ça répondront devant la justice".

Ces milices rurales bénéficient d'un large soutien populaire, a reconnu le président Kaboré. "Celui à qui on ramène des bœufs ne se pose pas la question de savoir comment on a traité le voleur".

Avec AFP

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