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La grogne continue autour de la révision de la Constitution au Bénin


Manifestations de la société civile devant le parlement béninois, à Cotonou, au Bénin, le 26 mars 2017. (VOA/Ginette Fleure Adandé)

Les magistrats marchent lundi sur le parlement béninois, une des actions prévues par l'Union nationales des magistrats du Bénin (Unamab), qui souhaitent le retrait immédiat du projet déposé à l'hémicycle et qui fera l'objet de débats au sein de la commission des lois.

Ce rejet du projet de révision de la loi fondamentale s'ajoute à une longue liste de récriminations existant déjà et qui font penser que le président Patrice Talon cherche à se tailler une constitution sur mesure, une constitution qui affaiblit les autres pouvoirs mais renforce et conforte celui du chef de l'État.

En se faisant porter à la tête du Bénin par 65% des Béninois, Patrice Talon était loin de s'imaginer que la révolution populaire dans les urnes en moins d'un an serait devenue une insurrection populaire dans les rues.

À tous les niveaux, le grognement se fait de plus en plus fréquent. Les réformes institutionnelles, un point-clé de son programme de société, est devenu un obstacle.

Beaucoup ne comprennent pas qu'au moment où le chômage est au plus haut et le pouvoir d'achat au plus bas, le chef de l'État trouve opportun de demander une session extraordinaire des députés pour une étude en urgence du projet de révision de la loi fondamentale.

La procédure d'urgence a, par ailleurs, été rejetée par les députés en confiant le dossier à la commission des lois qui dispose de 15 jours pour déposer son rapport. L'incompréhension sur urgence autour de la révision de la constitution a gagné le rang des députés acquis à la cause de Patrice Talon.

À la veille de la session extraordinaire au parlement, le chef de l'État s'était adressé à la population. Son souci était surtout de faire comprendre aux Béninois sa volonté à prendre en compte les avis de tous dans le processus de révision de la loi fondamentale dans un total respect des textes en vigueur.

Le nouveau document transmis au parlement dépouille la justice de bien de ses prérogatives selon les magistrats qui ont initié la marche de protestation qui partira de la bibliothèque nationale pour échouer sur l'esplanade du palais des gouverneurs lundi à Porto novo.

Pour l'Unamab, il est nécessaire de corriger ce document qui reste une véritable restriction des libertés, une façon habile d'instaurer un climat de corruption et d'impunité.

La cohésion sociale semble être attachée aujourd'hui au retrait pur et simple du projet de révision de la Constitution.

Ginette Fleure Adandé, correspondante à Cotonou

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