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Rats et angoisse, le quotidien de jeunes réfugiées afghanes en Grèce


Deux jeunes femmes afghanes attendent d'être enregistrées dans le centre d'inscription de Tabakika, en Grèce, le 15 janvier 2016.

Peur de la pluie, de la nuit, des rats, sentiment d'être des "humains de seconde catégorie": de jeunes Afghanes livrent un aperçu sur leurs vies de réfugiées dans un supplément du quotidien grec Journal des rédacteurs, paru vendredi.

En farsi, grec, et anglais, l'édition, baptisée "Oiseaux migrateurs", est le résultat d'un travail mené pendant de longs mois avec 15 résidentes du camp de réfugiés de Shisto, près d'Athènes, par l'ONG "Réseau pour les droits de l'enfant".

Plusieurs étaient déjà réfugiées en Iran avant de se joindre au grand exode vers l'Europe entamé en 2015 par des populations fuyant guerre et misère.

Une femme afghane et son enfant à leur arrivée de Turquie sur les rives de l'île grecque de Lesbos sur un canot gonflable, le 23 septembre 2015.
Une femme afghane et son enfant à leur arrivée de Turquie sur les rives de l'île grecque de Lesbos sur un canot gonflable, le 23 septembre 2015.

Parmi elles, l'étudiante Mahdie Hossaini, qui explique leur départ en décrivant l'incertitude et les discriminations subies par les Afghans en Iran.

Mais aussi sa déception à son arrivée face au refus européen d'inclure les Afghans dans ses plans de répartition des réfugiés : "nous rêvions d'un pays où il n'y aurait pas de discriminations", mais "nous avons réalisé que même en Europe nous sommes des humains de seconde catégorie".

"Je ne sais pas combien de temps encore nous serons des réfugiés", "combien de générations" devront encore porter cet "héritage de souffrance" s'inquiète-t-elle.

"Avant de venir ici, j'aimais la pluie", écrit Madine Zafari, 17 ans, qui détaille un hiver passé sous la tente, à la merci des intempéries. "Les ONG et le personnel du camp essaient d'aider, mais cela est vain et parfois c'est pire", déplore-t-elle.

Fatime Sentagat 13 ans, et Zohre Yasemi, 17 ans, partagent sa peur des rats qu'il faut "chasser tous les jours". Elles décrivent aussi le désarroi des enfants du camp, et la douleur des séparations familiales vécues par beaucoup de résidents.

Pour elles, qui tentent pourtant de s'intégrer, apprendre des langues européennes, et font des projets d'études, "la vie semble vide, sans aucune valeur".

Les Afghans forment l'un des plus gros contingents des exilés - dont le nombre est estimé autour de 50.000 - bloqués en Grèce par la fermeture des frontières européennes depuis l'hiver 2016.

La plupart y sont dans l'attente de l'examen des demandes d'asile qu'ils y ont déposées.

Avec AFP

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