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Les grandes puissances réunies à l'ONU pour un plan de paix sur la Syrie


Le secrétaire d'Etat américain John Kerry avec son homologue saoudien Adel bin Ahmed Al-Jubeir, le 17 décembre 2015. (REUTERS/Bryan Smith/Pool)

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry avec son homologue saoudien Adel bin Ahmed Al-Jubeir, le 17 décembre 2015. (REUTERS/Bryan Smith/Pool)

C'est la troisième fois depuis le mois d'octobre que ces pays se réunissent pour discuter du sort de la Syrie. Jeudi soir, Assad a averti que toute tentative de provoquer un changement de régime ferait "traîner" le conflit.

Les grandes puissances se retrouvent vendredi 18 décembre à New York et à l'ONU au chevet de la guerre civile en Syrie, en quête d'une résolution du Conseil de sécurité qui entérine un plan américano-russe ambitieux pour un cessez-le-feu et un règlement politique.

Dix-sept pays, dont les Etats-Unis, la Russie, l'Arabie saoudite et l'Iran, et trois organisations multilatérales, ONU, UE et Ligue arabe, doivent se réunir pour la troisième fois depuis fin octobre au sein du Groupe international de soutien à la Syrie, dans le cadre du processus diplomatique de Vienne qui a accouché le 14 novembre d'une feuille de route pour la Syrie.

Ce document prévoit une rencontre à compter du 1er janvier entre représentants de l'opposition et du régime de Damas, un gouvernement de transition dans les six mois, des élections dans les 18 mois et un projet de cessez-le-feu après quatre ans et demi d'un terrible conflit qui a fait plus de 250.000 morts et des millions de réfugiés dans les pays voisins et en Europe.

Le sort de Bachar al-Assad divise

Mais le sort du président Bachar al-Assad demeure le principal obstacle à une sortie de crise.

Dans une interview à une chaîne néerlandaise, ce dernier a averti jeudi soir que toute tentative de provoquer un changement de régime à Damas ferait "traîner" le conflit.

Il a affirmé que la guerre pourrait cesser en moins d'un an "si les pays responsables agissent contre l'afflux" de combattants étrangers qui se regroupent en Syrie.

Or le secrétaire d'Etat américain John Kerry a assuré mardi à Moscou au président russe Vladimir Poutine, allié de son homologue syrien, que Washington "ne cherchait pas de changement de régime" à Damas.

Alors que M. Kerry est critiqué pour avoir mis de l'eau dans son vin en n'exigeant plus un départ immédiat du président syrien, le porte-parole du département d'Etat John Kirby a réaffirmé jeudi soir qu'"Assad devait partir".

Mais il n'a pas dit quand et a reconnu que le sort de M. Assad ne figurerait pas dans le communiqué final de New York vendredi soir : "Nous ne sommes pas encore prêts, je ne le pense pas, à un engagement par écrit sur des paramètres précis", a concédé le porte-parole de la diplomatie américaine.

John Kerry a rencontré jeudi soir à New York son homologue saoudien Adel al-Jubeir, dont le pays est l'ennemi juré du président syrien. Ryad a réuni la semaine dernière une centaine de groupes d'opposants syriens qui ont accepté de négocier avec le régime de Damas, tout en exigeant le départ de M. Assad dès le début d'une éventuelle période de transition politique.

Ces opposants ont élu jeudi Riad Hijab, un ancien Premier ministre ayant fait défection, comme leur coordinateur général.

Signe encore que les lignes évoluent sur l'avenir du chef de l'Etat syrien, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon avait jugé mercredi "inacceptable" que "le sort d'un seul homme" puisse bloquer une éventuelle solution politique.

Le Groupe international de soutien à la Syrie tentera, toute la matinée dans un grand hôtel de New York, de rapprocher les positions entre les alliés de Damas - Moscou et Téhéran - et les puissances occidentales et arabes qui appuient les groupes de l'opposition armée et politique.

Poutine a un "plan"

Jeudi, lors de sa conférence de presse annuelle, le président Poutine a assuré disposer d'un "plan" pour régler le conflit syrien. "Dans ses principaux aspects, il concorde avec celui avancé par les Américains, aussi surprenant que cela puisse paraître", a lancé le chef de l'Etat russe.

Mais la Russie, qui mène depuis le 30 septembre des raids aériens en Syrie, est accusée par les pays occidentaux et arabes de frapper surtout l'opposition modérée qui combat l'armée de Damas plutôt que les jihadistes de l'organisation Etat islamique (EI).

Moscou et Washington s'opposent aussi sur les groupes devant être considérés comme "terroristes", donc exclus a priori du processus politique, et les "modérés" qui pourront y prendre part. La Jordanie, chargée de dresser cette liste, doit rendre compte de ses travaux à New York.

Dans l'après-midi, les ministres se déplaceront de quelques centaines de mètres vers le siège des Nations unies, avec l'objectif d'adopter une résolution du Conseil de sécurité qui entérine et légitime le processus de Vienne. "Le secrétaire d'Etat demeure confiant dans le fait que l'on peut y parvenir", a assuré son porte-parole John Kirby.

Une fois le processus politique enclenché et si un cessez-le-feu est négocié, Américains et Russes espèrent pouvoir se concentrer sur la lutte contre l'EI dont les récents attentats contre un avion de ligne russe au-dessus du Sinaï et à Paris le 13 novembre ont servi d'électrochoc pour les grandes diplomaties mondiales.

Lors d'une tournée en Europe début décembre, John Kerry avait plaidé pour un combat mené "ensemble" entre les Etats-Unis et la Russie, et même l'armée syrienne et l'opposition armée, afin de "détruire" l'EI.

Avec AFP

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