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Grâce présidentielle pour des activistes pro-démocratie en RDC


Le président congolais Joseph Kabila, le 30 juin 2016.

Le président congolais Joseph Kabila, le 30 juin 2016.

Le président congolais a signé une série d’ordonnances accordant la grâce présidentielle à certains prisonniers parmi lesquels de jeunes activistes pro-démocratie.

Les six membres de la Lucha (Lutte pour le changement), condamnés en appel le 4 mars à six mois de prison, se sont vu accorder une "remise de peine", selon une ordonnance lue à la télévision publique.

"La remise de la peine restant à subir est accordée à Madame Kabuo Rebecca, Kambala Matshunga, Kasereka Kamundo Melca, Kambale Sivyavuga Serge, Alipenda Balibisire John et Kasereka Muhima", selon l'ordonnance présidentielle.

Les six activistes, tous des jeunes qui se qualifient d'"indignés" et opposés à toute prolongation du mandat du président congolais Joseph Kabila, avaient été condamnés pour "tentative d'incitation à la révolte". Ils ont passé quatre mois en prison.

Le président Joseph Kabila a signé au total trois ordonnances. Les deux autres mesures présidentielles accordent la remise de peines restant à exécuter aux condamnés âgés "de 30 ans ou moins" et ceux dépassant 65 ans mais également à "toute personne condamnée à une peine de servitude pénale ou de travaux forcés, inférieure ou égale à trois ans".

Les condamnés pour viol ou atteinte à la sécurité de l'État ne sont pas concernés par cette grâce présidentielle, souligne l'ordonnance.

Selon l'esprit du texte, trois autres militants de Lucha arrêtés en février et condamnés le 20 mai à Kinshasa à douze mois de prison "pour incitation à la désobéissance civile" et "propagation de faux bruits" sont également concernés par la mesure de grâce.

Contacté par l'AFP, Lucha, mouvement de jeunes indignés basés à Goma, dans l'est de la RDC, n'a pas souhaité réagir immédiatement à la décision présidentielle.

La libération des "prisonniers politiques et d'opinion" était l'un des préalables de l'opposition pour participer au "dialogue national" voulu par le chef de l'État en vue d'"élections apaisées".

Depuis plusieurs mois, la communauté internationale invite Kinshasa à prendre des mesures d'apaisement en vue de créer un environnement favorable à la tenue du "dialogue national" et trouver une solution à "l'impasse" actuel sur le processus électoral.

Deux autres militants pro-démocratie, Yves Mukwambala de Filimbi et Fred Bauma de Lucha ne sont pas concernés par cette mesure de grâce, leur procès étant encore en cours.

Le climat politique est tendu en RDC, à mesure qu'approche la fin du mandat du président Kabila fixée au 20 décembre.

M. Kabila est au pouvoir depuis 2001 et la Constitution lui interdit de se représenter, mais l'opposition le soupçonne de manœuvrer pour rester en fonction au-delà du terme de sont mandat.

Un récent arrêt de la Cour constitutionnelle autorise M. Kabila à rester en fonction jusqu'à l'élection de son successeur, alors que tout indique que l'organisation d'une présidentielle cette année relèverait d'un miracle.

Avec AFP

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