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Ghana : l’exploitation minière artisanale menace les forêts


La forêt du parc national de Kakum au Ghana

La forêt du parc national de Kakum au Ghana

Le Ghana compte plus de 270 réserves forestières qui représentent des sources de bois d'œuvre et protègent les rivières et bassins fluviaux.

L'exploitation minière illégale décine les forêts du Ghana. Si elle reste une source majeure de revenus pour les personnes vivant dans les zones minières, elle cause également des dégâts de plus en plus difficiles à gérer, affirment les experts.

Traditionnellement, les mineurs artisanaux creusent des trous à proximité des enclaves des grandes entreprises minières. Mais ils exploitent également des terres riches en minéraux dans des zones forestières protégées.

C’est bafouer la loi, affirme Cudjoe Awudi, un responsable de la Commission des forêts du Ghana. « Les gens se faufilent dans les réserves pendant la nuit. Parfois, nous ne pouvons pas les identifier, vu les défis auxquels nous sommes confrontés » explique M. Awudi, évoquant des difficultés logistiques, ou le manque de personnel.

Le Ghana compte plus de 270 réserves forestières qui représentent des sources de bois d'œuvre et protègent les rivières et bassins fluviaux. Mais selon M. Awudi, la dégradation des terres et le déversement de cyanure polluent les sols et les cours d’eau, aggravant l’impact de la déforestation. En aval, les vies sont affectées, rappelle M. Awudi, notamment en ce qui concerne le ravitaillement en eau des populations.

Le gouvernement du Ghana travaille avec des groupes communautaires et les forces de police pour régler ces problèmes. Cependant, fait valoir le WACAM, une ONG de défense des droits humains, des mesures plus drastiques urgent. Une loi minière récente, qui accorde aux multinationales des droits concessionnaires chiffrés à 2 % dans les forêts protégées devrait être révisée, estime l’ONG.

« Newmont a obtenu une concession dans la réserve forestière d’Ajenua Bepo. Anglogold a pris celle de la réserve forestière de Kubi » explique Hannah Owusu-Koranteng, responsable à WACAM. On ne saurait détruire certaines parties des forêts protégées, ajoute-t-elle, vu que c’est toute leur intégrité qui est compromise.

La solution serait que les entreprises assument une bonne fois pour toute les frais des dégâts sociaux, culturels et environnementaux que leurs activités infligent aux populations, fait valoir Mme Owusu-Koranteng.
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