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Gambie: une dissidente libérée sous caution après deux arrestations en un mois


Yahya Jammeh. (AP Photo/Rebecca Blackwell)

Yahya Jammeh. (AP Photo/Rebecca Blackwell)

Une ancienne députée du parti au pouvoir en Gambie, ayant rejoint un nouveau parti de l'opposition, a été libérée sous caution après avoir été arrêtée et détenue deux fois en un mois pour des accusations d'escroquerie, a appris l'AFP de sources judiciaires jeudi à Banjul.

Tina Faal, qui a siégé à l'Assemblée nationale de 2007 à 2012, faisait partie des cinq députés nommés par le président Yahya Jammeh. En Gambie, le Parlement compte au total 53 membres: 48 élus et cinq désignés par le chef de l'Etat.

Mme Faal est aujourd'hui une responsable du Congrès démocratique gambien (GDC, opposition), autorisé en mai et qui attire d'autres dissidents du parti de M. Jammeh, l'Alliance pour la réorientation et la construction patriotique (APRC).

"Ma cliente a été libérée sous caution, elle a retrouvé sa famille", a déclaré son avocate, Me Combeh Gaye, sans plus de détails.

Sa libération est intervenue mardi, a précisé une source judiciaire sous couvert d'anonymat et selon laquelle la famille de Mme Faal avait versé une caution de 500.000 dalasis (près de 11.200 euros).

Poursuivie pour acquisition frauduleuse de marchandises, vol et complot, Tina Faal avait été arrêtée le 28 juillet et présentée à un tribunal qui avait renvoyé son procès au 1er août. A l'audience du 1er août, elle avait plaidé non coupable et avait été libérée sous caution, d'après la même source.

Puis, le 9 août "nous avons appris qu'elle était détenue à la prison de Mile Two", a expliqué un membre de sa famille sous couvert d'anonymat et ignorant le motif de cette nouvelle arrestation.

Selon l'acte d'accusation lu au procès de Mme Faal, il lui est reproché d'avoir vendu, entre 2014 et 2016, en divers lieux, des pièces détachées d'avion frauduleusement acquises.

Yahya Jammeh, arrivé au pouvoir par un coup d'Etat sans effusion de sang en 1994, élu en 1996, puis constamment réélu depuis, dirige d'une main de fer la Gambie.

Son régime est accusé par des ONG et le département d'Etat américain de disparitions forcées et de harcèlement de la presse et des défenseurs des droits de l'Homme, accusations qu'il rejette régulièrement. Il est candidat à sa propre succession en décembre.

Avec AFP

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