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Gabon : un proche du directeur de cabinet d'Ali Bongo mis en examen pour corruption


Le président gabonais Ali Bongo Ondimba (archives)

Le président gabonais Ali Bongo Ondimba (archives)

Seydou Kane, proche du directeur de cabinet du président gabonais Ali Bongo, a été mis en examen dans un dossier de corruption, source de tensions entre Paris et Libreville, selon une source judiciaire que cite l’AFP.

Il a été mis en examen le 20 novembre pour corruption active et passive d'agent public étranger, abus de biens sociaux, blanchiment en bande organisée, recel, faux et usage de faux, a précisé cette source qui confirmait une information de la radio RFI.

Les enquêteurs s'interrogent notamment sur des fonds qui ont transité sur ses comptes en 2006 et se demandent s'il a pu servir d'intermédiaire dans une entreprise de corruption présumée entre Maixent Accrombessi, l'influent directeur de cabinet du président gabonais, et une société française de fourniture d'uniformes militaires, Marck.

Le directeur de cabinet du chef de l'Etat gabonais avait été arrêté le 4 août par la police française alors qu'il séjournait à Paris.

Il avait été relâché pour des raisons d'immunité diplomatique, après quelques heures de garde à vue, et était ensuite rentré à Libreville.

La justice française le soupçonne de corruption dans l'attribution, fin 2005, d'un marché public de sept millions d'euros par le Gabon au groupe Marck, alors qu'il était un collaborateur d'Ali Bongo, à l'époque ministre de la Défense de son père Omar Bongo.

Le président Ali Bongo Ondimba a dénoncé une tentative "d'humilier le Gabon" après avoir rencontré à l'Elysée en octobre François Hollande. La présidence gabonaise avait ajouté que "les deux chefs d'Etat (avaient) évoqué les sujets qui occultent la bonne qualité des relations franco-gabonaises".

Si Maixent Accrombessi n'a pu être présenté à un juge, Philippe Belin, président du groupe Marck, a été mis en examen dans ce dossier.

Les policiers de l'Office central anti-corruption (OCLCLIFF) s'interrogent sur différents virements, l'un d'environ 300.000 euros et six autres d'un montant total avoisinant les 2 millions d'euros, tous émis par le groupe Marck sur des comptes appartenant à des sociétés gérées par M. Accrombessi ou des proches, dont Seydou Kane, un homme d'affaires installé à Libreville.

Seydou Kane, qui dispose d'un passeport sénégalais selon la source judiciaire, s'est vu imposer un contrôle judiciaire prévoyant une caution de 2 millions d'euros, faute de quoi il ne pourra quitter la France.

D'origine béninoise et naturalisé gabonais, Maixent Accrombessi, 50 ans, un ancien agent immobilier, est devenu la cible des opposants gabonais, qui l'accusent de piller les caisses de l'Etat.

Philipe Belin est déjà mis en examen dans l'enquête sur l'homme d'affaires Michel Tomi autour de contrats passés entre la France et certains pays africains comme le Mali.

Avec AFP

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