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Gabon : opposition et société civile réclament la libération des activistes avant la présidentielle


Le président gabonais Ali Bongo Ondimba à Paris, le 20 novembre 2019.

Le président gabonais Ali Bongo Ondimba à Paris, le 20 novembre 2019.

L'opposition et la société civile gabonaise ont appelé la population à se mobiliser afin d’obtenir avant la présidentielle du 27 août la libération d’une vingtaine de activistes et syndicalistes arrêtés depuis 10 jours.

Des syndicats ont appelé à une "grève générale et illimitée" dès lundi dans la fonction publique pour obtenir "la libération immédiate" de plusieurs militants de la société civile "emprisonnés arbitrairement", selon un communiqué de la confédération syndicale Dynamique unitaire.

Cet appel était toutefois très peu suivi à la mi-journée dans les hôpitaux et administrations publiques de la capitale, qui fonctionnaient normalement lundi, a constaté l'AFP.

Dimanche soir, les principaux candidats de l'opposition à la présidentielle ont eux aussi demandé "la libération sans conditions de tous les compatriotes arrêtés et détenus illégalement", après avoir une nouvelle fois affiché leur volonté de "barrer la route" au président sortant Ali Bongo Ondimba, qu'ils accusent d'inéligibilité.

Vingt-quatre personnes avaient été arrêteés le 9 juillet en marge d'un meeting pro-Bongo puis incarcérés pour au moins 10 jours sur décision du parquet de Libreville, selon un de leurs avocats.

Le parquet a ouvert une information judiciaire pour "atteintes à l'ordre public et destruction de biens publics et privés", de même source.

Des pierres avaient été lancées vers la police depuis un rassemblement d'opposants à proximité d'une réunion publique du président Bongo devant des milliers de personnes pour marquer le dépôt de sa candidature au scrutin du 27 août.

Ce week-end, des ONG ont par ailleurs dénoncé une vingtaine de nouvelles arrestations de militants à leurs domiciles. Treize d'entre eux ont toutefois été libérés lundi matin après trois jours de garde à vue, a affirmé à sa sortie l'un d'entre eux. "Il n'y avait pas de charge contre nous car nous n'avions pas participé à la manifestation" du 9 juillet, a affirmé à l'AFP Gaël Koumba Ayouné, chef du Rassemblement des jeunes patriotes gabonais (RJPG).

Contacté par l'AFP, le ministère de l'Intérieur n'était pas joignable dans l'immédiat.

A moins de deux mois de l'élection, pouvoir et opposition multiplient les invectives, laissant craindre une campagne tendue dans ce pays réputé calme de 1,8 million d'habitants.

Quatorze candidats s'affronteront lors de ce scrutin, dont l'actuel chef de l'Etat et d'anciens caciques du régime aujourd'hui dans l'opposition : l'ex-président de la Commission de l'Union africaine Jean Ping, l'ancien président de l'Assemblée nationale Guy Nzouba Ndama, et l'ancien gouverneur de la Banque des Etats d'Afrique centrale, Casimir Oye Mba.

Avec AFP

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