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Gabon : l'Eglise appelle Ali Bongo et Jean Ping à sortir le pays de la crise


Des soldats gabonais pourchassent des manifestants qui tentent d’aller au siège de la Commission électorale nationale autonome et permanente à Libreville, 31 août 2016.

Des soldats gabonais pourchassent des manifestants qui tentent d’aller au siège de la Commission électorale nationale autonome et permanente à Libreville, 31 août 2016.

L'Archevêque de Libreville, Mgr Basile Mvé Engone, a appelé samedi la majorité et l'opposition gabonaises "à se ressaisir pour une sortie imminente de crise", suite aux violences qui secouent le pays depuis l'annonce mercredi des résultats de la présidentielle en faveur du président sortant Ali Bongo Ondimba.

"Nous appelons toutes les forces vives de la nation, de la majorité comme de l'opposition, à se ressaisir pour une sortie imminente de crise", a déclaré Mgr Mvé Engone dans une déclaration à la presse à la cathédrale Sainte-Marie.

"Face aux positions antagonistes" des deux camps, "il est indispensable de faire intervenir un tiers pour la médiation", a estimé Mgr Mvé Engone.

Il a appelé les organisations et institutions internationales "à jouer pleinement leur rôle" pour préserver la paix, remerciant l'Union européenne (UE) et l'Union africaine (UA) pour leur "forte implication" dans le processus électoral.

Les violences post-électorales ont fait au moins sept morts dont un policier et plusieurs blessés par balles depuis trois jours.

"Nous enregistrons des pertes en vies humaines, des blessés graves, des destructions de biens publics et privés, des traumatismes de toutes sortes... Il n'est pas possible que nous restions insensibles et silencieux devant une telle situation", a-t-il ajouté.

Selon l'archevêque, "la situation post-électorale actuelle plonge une fois de plus notre pays dans une crise aiguë et multiforme. Cette crise a un impact négatif immédiat sur la société, ses manifestations sont désastreuses, créant un malaise généralisé".

"Le manque de vérité dans le jeu démocratique et le non-respect des droits de l'Homme ont souvent servi de terreau aux crises politiques", a-t-il poursuivi avant de citer le pape Benoit XVI: "le non-respect de la Constitution nationale, de la loi ou du verdict des urnes là où les élections ont été libres, équitables et transparentes, manifesterait une défaillance grave dans la gouvernance et signifierait un manque de compétence dans la gestion de la chose publique".

Les résultats officiels provisoires annoncés mercredi par le ministre de l'Intérieur gabonais donnent Ali Bongo vainqueur avec des scores très serrés et aussitôt contestés par son principal rival Jean Ping.

Avec AFP

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