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Gabon : Jean Ping désigné candidat à la présidentielle d'une coalition d'opposition


Jean Ping, président de la commission de l'Union africaine

Jean Ping, président de la commission de l'Union africaine

L'élection présidentielle au Gabon est prévue au second semestre 2016.

L'ancien président de la Commission de l'Union africaine Jean Ping a été désigné vendredi 15 janvier "candidat unique" du Front de l'opposition pour l'alternance (Fopa) pour la présidentielle de 2016 au Gabon, selon une procédure déjà contestée par plusieurs dirigeants de cette alliance, a constaté l'AFP.

Une vingtaine de cadres du Fopa, la principale coalition d'opposition au régime du président Ali Bongo Ondimba, ont choisi lors d'un vote à huis-clos M. Ping, présent dans la salle.

"Je tiens à remercier chacun d'entre vous pour cette marque de confiance et d'estime, pour m'avoir confié la responsabilité de porter nos couleurs pour atteindre notre ambition à tous, à venir à l'alternance et à créer une nouvelle République démocratique et solidaire", a déclaré à la presse Jean Ping à l'issue de cette réunion.

Contestation

Toutefois, cette procédure de désignation du "candidat unique" du Front est contestée au sein même de la coalition.

"Sous le prétexte de l'urgence, une frange du Front s'organise, en dehors des procédures officielles et en l'absence de tout quorum, à tenir des réunions et à rendre opposables à tous, les conclusions auxquelles ils sont parvenus", déplorait la semaine dernière le président du Fopa, Pierre-André Kombila, après le dépôt par M. Ping de sa candidature.

Dénonçant une "imposture", M. Kombila a affirmé que la question de la désignation du candidat n'était pas à l'ordre du jour, évoquant la possibilité d'organiser une primaire d'ici février ou mars.

Le fils du défunt opposant André Mba Obame, dont le parti Union nationale est membre du Front, a de son côté affirmé vendredi que la "légitimité" de cette procédure "sera contestée car non conforme aux statuts du Front", appelant lui aussi à une primaire.

Risque de "division"

Cette désignation "n'engagera ni le Front, ni l'Union nationale, premier parti d'opposition, ni l'Union du peuple gabonais, ni le Rassemblement national des Bûcherons (...) qui se sont désolidarisés de Jean Ping", a asséné Yves-Antoine Eyene Mba.

"Jean Ping dispose du soutien de 16 membres du Front sur 27 dont seulement 5 membres fondateurs sur 15, qui ont eux le droit de vote et le pouvoir de decision", a-t-il ajouté, mettant en garde contre le risque de "division" de l'opposition.

L'élection présidentielle au Gabon est prévue au second semestre 2016.

La Constitution prévoit un seul tour de scrutin. Celui qui arrive en tête est donc élu et une multiplication du nombre de candidats jouerait contre l'opposition face au président sortant.

Avec AFP

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