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Grève générale d'une semaine au Gabon


Une rue de Libreville,14 février 2012.

Une rue de Libreville,14 février 2012.

Ces appels à la grève ont été diversement suivis lundi dans les administrations gabonaises et le secteur privé.

Les salariés du public et du privé ont entamé lundi une grève générale d'une semaine et dans tous les secteurs au Gabon, à l'appel de la coalition syndicale Dynamique unitaire. Un mouvement diversement suivi ce lundi.

«Les médias publiques, qui sont payés par le contribuable gabonais, sont aux mains du pouvoir et ne diffusent pas sur l’étendue du territoire ce genre d’information. Donc il y a des travailleurs maintenant qui découvrent petit à petit qu’il y a une grève», a dit à VOA Afrique le président de la confédération syndicale Dynamique Unitaire, Jean Rémi Yama, ajoutant, «Le gouvernement fait des promesses. Il s’engage et il ne respecte pas ses promesses.»

«Les travailleurs, très prochainement, aborderont le sujet qui intéresse tout le monde en ce moment, c’est l’élection présidentielle… très rapidement nous mettrons les pieds dans le plat et peut être qu’on se fera mieux entendre», a déclaré M. Yama, précisant que des mouvements et des rassemblements étaient prévus.

Quant à savoir quelle est l’évolution des discussions avec le gouvernement, VOA Afrique lui a demandé si elles étaient rompues: «Je dirais qu’elles ne sont même pas rompues, elles n’ont jamais repris ; parce que la loi est claire, elle oblige les syndicats à déposer un préavis de grève de huit jours francs avant d’entrer en grève. La loi oblige aussi le gouvernement à recevoir les syndicats qui déposent le préavis de grève afin d’éviter la grève. Donc le gouvernement n’a pas répondu à notre préavis de grève. Le gouvernement l’a négligé. Il a méprisé notre préavis de grève et donc la conséquence c’était l’entrée en grève(…) Donc il n’y a aucune négociation, aucune discussion à ce jour avec le gouvernement.»

La grève, reconductible, a été décidée lors d'une assemblée générale qui a réuni samedi 1.200 travailleurs, selon l'organisation qui rassemble des syndicats présents dans tous les secteurs, notamment l'éducation et la santé.

Un piquet de grève est organisé toute la semaine devant la primature à Libreville et devant les gouvernorats et préfectures en province.

Les grévistes exigent "le paiement immédiat de la prime d'incitation à la performance", instaurée par le gouvernement en 2014, le paiement de nombreux rappels de soldes et l'annulation d'une loi récente instituant l'"avancement exclusif au mérite". Ils dénoncent aussi l'emploi abusif de main d'oeuvre non permanente, au statut très précaire, comme les journaliers et les contrats courts.

Le système de rémunération des travailleurs gabonais, sous le coup de plusieurs réformes depuis deux ans, a fait l'objet de nombreux bras de fer et de négociations houleuses entre gouvernement et syndicats.

En 2015, les établissements scolaires secondaires et supérieurs sont restés à l'arrêt plusieurs mois, faisant planer la menace d'une année blanche pour les élèves gabonais.

Les hôpitaux publics sont également régulièrement secoués par des grèves pour dénoncer les conditions de travail du personnel médical, qui se contente d'assurer un service minimum.

Avec 21% de l'emploi total (formel et informel) et environ 110.000 travailleurs, la fonction publique est le plus grand employeur du pays, selon un rapport récent de la Banque mondiale.

Avec AFP

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