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François plaide pour la protection de l'environnement en Equateur.


Le Pape François a déclaré mardi que la protection de l'environnement n'était plus un choix mais un devoir au troisième jour de sa visite en Amérique du sud où il a de nouveau plaidé pour une plus grande "justice sociale" permettant à tous un accès aux ressources.

S'exprimant devant des indigènes de la forêt amazonienne, le souverain pontife a décliné les thèmes écologiques contenus dans son encyclique "Laudato Si" publiée le mois dernier.

Il a renouvelé son appel en faveur de la protection de la région amazonienne, un écosystème qu'il a qualifié de vital pour l'ensemble de la planète.

Le pape a expliqué qu'il souhaitait que son encyclique puisse influencer l'issue de la réunion COP21 sur le climat prévue au mois de décembre à Paris. Au mois de septembre, il se rendra aux Etats-Unis et s'exprimera devant les Nations unies pour délivrer un message identique.

"Une chose est certaine: nous ne pouvons plus tourner le dos à la réalité, tourner le dos à nos frères et nos soeurs, à notre mère la Terre", a-t-il affirmé lors d'un discours à l'Université catholique pontificale de Quito.

Reprenant plusieurs passages de son encyclique, François a expliqué qu'il existait "un très solide consensus scientifique" sur le réchauffement climatique et sur ses causes humaines.

Dans une référence explicite aux climato-sceptiques, le pape a déclaré qu'il "était mauvais de se détourner de ce qui se passait autour de nous, comme si certaines situations n'existaient pas ou n'avaient rien à voir avec notre mode de vie".

OBLIGATION ENVERS LES GÉNÉRATIONS FUTURES

Dans le texte de "Laudato Si", François plaidait en faveur d'une réduction "draconienne" des émissions de gaz à effet de serre et une réduction progressive de notre dépendance aux énergies fossiles.

"Nous sommes aussi invités à prendre soin de notre planète, à la protéger, à être ses gardiens. Nous sommes désormais de plus en plus conscients de cette situation. Cela ne peut plus être une simple recommandation, c'est plutôt une exigence", a-t-il poursuivi.

Le choix de l'Equateur pour prononcer ce discours n'est pas anodin. Le pays est largement dépendant des revenus pétroliers et miniers, des activités qui menacent l'une des plus riches biodiversités de la planète, y compris dans les îles Galapagos.

Dans un second discours prononcé devant un groupe de représentants de la société civile dans la cathédrale Saint-François à Quito, le pape a ensuite abordé la question politique sensible de la nature considérée comme une propriété

privée.

"Les biens de la Terre sont destinés à tout le monde, et le fait que certains les revendiquent comme leur propriété aboutit à une hypothèque sociale", a-t-il dit.

"Nous devons dépasser la simple justice économique, fondée sur le commerce, pour atteindre une justice sociale qui garantit le droit humain fondamental à une vie digne", a-t-il poursuivi.

"L'exploitation des ressources naturelles, qui sont si abondantes en Equateur, ne doit pas être motivée par des profits à court terme. En tant que gardiens de ces richesses que nous avons reçues, nous avons une obligation envers l'ensemble de la société et envers les générations futures".

Ces paroles devraient être sensiblement les mêmes lorsqu'il se rendra en septembre aux Etats-Unis, pays où son encyclique a été vivement critiquée, notamment dans le camp républicain où certains ont reproché au pape de se mêler de questions scientifiques.

François avait entamé sa dernière journée en Equateur par une messe en plein air à laquelle ont assisté près d'un million de personnes. Il se rend en Bolivie mercredi et terminera son périple par le Paraguay.

Avec Reuters

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