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France : une salle de prière musulmane ravagée par un incendie, probablement criminel, en Corse


Une séance de prière membres de la communauté musulmane dans la Grande Mosquée de Paris, France, 10 janvier 2016.

Une séance de prière membres de la communauté musulmane dans la Grande Mosquée de Paris, France, 10 janvier 2016.

Une salle de prière musulmane a été ravagée samedi matin en Corse (sud de la France) par un incendie, probablement d'origine criminelle, dénoncé par le président François Hollande qui a exprimé son soutien aux musulmans de l'île méditerranéenne.

L'incendie s'est déclaré aux alentours de 04H30 et découvert une demi-heure plus tard à l'entrée d'Ajaccio dans l'une des deux plus grandes salles de prière de la ville.

Le procureur de la ville, Eric Bouillard, a indiqué que la piste criminelle était privilégiée. Le préfet de Corse Christophe Mirmand a évoqué "des traces d'hydrocarbures" découvertes lors des premiers relevés.

"Si son origine criminelle est confirmée, ses auteurs devront être rapidement identifiés et condamnés. Aucun acte antireligieux ne doit être toléré", a réagi dans un communiqué M. Hollande.

Le chef de l'Etat a assuré les "concitoyens musulmans de Corse de la solidarité et de la protection de la République".

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve avait également exprimé plus tôt la "solidarité aux musulmans de Corse" et réaffirmé "la détermination du gouvernement à assurer la protection de tous les lieux de culte, et à assurer la liberté de culte partout sur le territoire".

"Les dégâts sont très, très importants", a déploré auprès de l'AFP Abdallah Zekri, président de l'Observatoire contre l'islamophobie, qui a demandé aux autorités "en qui (il a) toute confiance" de "faire toute la lumière sur cet évènement afin d'éviter l'escalade de la violence". "Il y avait eu une accalmie depuis la fin de l'année, malheureusement, certaines personnes mal intentionnées veulent mettre le feu", a-t-il accusé.

Ce sinistre survient quelques mois après des débordements racistes et anti-musulmans lors de manifestations organisées après l'agression de pompiers attirés dans un guet-apens dans un quartier populaire d'Ajaccio le soir de Noël.

Une salle de prière musulmane avait été saccagée et des exemplaires du Coran partiellement brûlés. Des slogans comme "Arabi fora" (les Arabes dehors, ndlr) ou "On est chez nous" avaient été scandés au cours de ces défilés dans le quartier populaire.

Quelques actes antimusulmans avaient été enregistrés dans les semaines suivantes, notamment le dépôt d'une dépouille de sanglier devant une salle de prière musulmane, et des graffitis "les Arabes dehors" au bord des routes.

La Corse, où les nationalistes ont remporté des élections régionales pour la première fois en décembre, compte la deuxième plus forte proportion de population étrangère (entre 8 et 10%) en France après la région parisienne.

Avec AFP

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