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Sarkozy éliminé, la primaire de la droite française se joue entre deux ex-Premiers ministres


 Nicolas Sarkozy, ancien président français et candidat éliminé lors des primaires républiques le 20 novembre 2016.

Nicolas Sarkozy, ancien président français et candidat éliminé lors des primaires républiques le 20 novembre 2016.

Après la défaite cuisante de l'ex-président Nicolas Sarkozy, la campagne pour la primaire de la droite française, qui vise à désigner son candidat pour la présidentielle de 2017, reprend lundi avec un duel entre deux ex-Premiers ministres.

François Fillon, Premier ministre durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy (2007-2012), a été plébiscité au premier tour de la primaire avec plus de 44% des suffrages et fait désormais figure de favori.

Au second tour dimanche il affrontera Alain Juppé (28,6% des voix), lui aussi ancien Premier ministre, de 1995 à 1997 sous la présidence de Jacques Chirac (1995-2007). Mais celui-ci aura du mal à rattraper son retard.

La première primaire de la droite de l'histoire a été marquée par une forte mobilisation des électeurs, avec environ 4 millions de participants, attirés par l'enjeu crucial du scrutin.

Selon les sondages actuels, la gauche au pouvoir, en miettes, risque en effet d'être éliminée dès le premier tour de la présidentielle en avril 2017, et elle laisserait place à un duel au second tour entre le champion de la droite et la chef de l'extrême droite Marine Le Pen.

Les sondages donnent aujourd'hui le candidat de la droite vainqueur, mais la victoire surprise du républicain Donald Trump à la présidentielle américaine et le vote britannique pour le Brexit incitent à la prudence.

'Sarkozy, la retraite à 62 ans'

Arrivé troisième de la primaire, M. Sarkozy a été éliminé sans appel (20,6%), actant son retrait de la vie politique. Il a immédiatement annoncé qu'il voterait pour François Fillon, laissant ses électeurs "libres" de leur choix mais en les exhortant à "ne jamais emprunter la voie des extrêmes".

"Nicolas Sarkozy, la retraite à 62 ans", s'amusait lundi le quotidien français Libération, titrant sur "la chute" de l'ancien président.

Longtemps distancé dans les sondages, auteur d'une fulgurante remontée dans les deux dernières semaines, François Fillon est arrivé en tête dans 87 départements sur 101.

Longtemps marginalisé par le duel annoncé Juppé-Sarkozy, cet homme discret de 62 ans, à l'image austère, a déjoué les pronostics. Lui qui avait dit en 2007 être à la tête d'un "Etat en situation de faillite" porte un projet très libéral sur le plan économique: suppression d'un demi-million de postes de fonctionnaires, resserrement des aides sociales,...

Ce catholique, père de cinq enfants, est très conservateur sur les questions de société. Il veut déchoir de leur nationalité les Français partis faire le djihad, fixer des quotas annuels d'immigrés et amender la loi ouvrant le mariage aux couples homosexuels.

Face à lui Alain Juppé, 71 ans, distancé mais pugnace, a promis un "combat projet contre projet" avec François Fillon, dont il a tardivement attaqué le programme en fin de campagne. Jusqu'à récemment M. Juppé, favori des sondages, se consacrait surtout à se distinguer de Nicolas Sarkozy avec un discours pondéré, refusant de diviser ou de "dresser le peuple contre les élites", et avait sous-estimé François Fillon.

'Programme le moins crédible'

Ce dernier a "le programme le moins crédible", cinglait dès la semaine dernière le maire de Bordeaux (sud-ouest). Les deux hommes en découdront directement jeudi soir lors d'un ultime débat télévisé.

Les soutiens de M. Juppé ont déjà commencé à décocher leurs flèches. "Je suis frappé par les incohérences du projet économique de François Fillon, inquiet de ses orientations diplomatiques. Sa proximité avec (le président russe Vladimir) Poutine est contraire aux intérêts de la France et à ceux des chrétiens d'Orient", a par exemple lâché le député de droite Hervé Mariton.

Un sondage Opinionway diffusé dimanche soir donnait M. Fillon vainqueur à 54% face à M. Juppé (46%) lors du second tour.

Les résultats définitifs du premier tour seront connus lundi en fin de matinée, mais ne devraient plus beaucoup bouger.

La gauche et le FN ont également commencé à réorienter leurs attaques vers M. Fillon. Le secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, voit en lui le tenant d'une "thatchérisation de la droite". Pour le FN, David Rachline, le directeur de campagne de la candidate Marine Le Pen, a brocardé un "programme économique délirant".

Avec AFP

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