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Marine Le Pen perd son immunité pour avoir retweeté des exactions de Daesch sur Twitter :


La candidate du Front national Marine Le Pen parle à ses militants lors de sa campagne électorale à Lyon, France, le 5 février 2017.

Le Parlement européen a levé jeudi l'immunité parlementaire de la dirigeante d'extrême droite Marine Le Pen, à la demande de la justice française, qui lui reproche d'avoir diffusé des images d'exactions du groupe Etat islamique sur son compte Twitter.

Convoquée en avril 2016 par un juge d'instruction français dans cette affaire, Marine Le Pen avait refusé de s'y rendre, invoquant son immunité parlementaire.

La levée de son immunité est à effet immédiat. Elle ne concerne que cette enquête et pas celle sur des soupçons d'emplois fictifs d'assistants de députés de son parti Front national au Parlement européen, dans laquelle la cheffe de cabinet de Mme Le Pen, candidate à la présidentielle française, a été mise en examen.

"Je pense que le résultat est clair : une grande majorité est pour la levée d'immunité", a déclaré Dimitrios Papadimoulis (GUE, extrême gauche), qui présidait les débats, à l'issue d'un vote à main levée des eurodéputés en l'absence de l'intéressée.

Cette levée d'immunité était demandée par le parquet de Nanterre (région parisienne), qui a ouvert une information judiciaire à l'encontre de Marine Le Pen pour "diffusion d'images violentes".

En décembre 2015, la présidente du FN avait diffusé trois photos sur Twitter avec le texte "Daech c'est ça !": un soldat syrien écrasé vivant sous les chenilles d'un char, un pilote jordanien brûlé vif dans une cage et une photo de l'otage américain James Foley avec la tête posée sur le dos. Daech est l'acronyme arabe du groupe Etat islamique.

Mme Le Pen entendait protester contre le "parallèle ignoble" effectué, selon ses propos, par le journaliste vedette du groupe BFMTV et RMC, Jean-Jacques Bourdin, entre le groupe EI et le Front national.

Elle avait retiré le lendemain la photo de James Foley à la demande de la famille du journaliste, "profondément choquée". Les deux autres images étaient toujours en ligne jeudi.

- 'Délais habituels' -

"Je diffuse deux trois photos d'horreurs de Daech et je dis +Daech c'est ça+. Je dénonce cette horreur", s'est justifiée Marine Le Pen jeudi matin sur la chaîne de télévision LCP et la radio France Bleu, avant le vote en plénière.

"Je suis députée, je suis dans mon rôle quand je dénonce Daech", a-t-elle ajoutéd, critiquant "une enquête politique".

Comme son père Jean-Marie Le Pen en 2002, la dirigeante d'extrême droite est, selon les sondages, quasiment assurée d'arriver en tête du premier tour de l'élection présidentielle française le 23 avril prochain.

"Cette levée d'immunité est absolument ridicule et problématique", s'est insurgé son bras droit, Florion Philippot, sur BFMTV, après le vote.

"Jamais" une levée d'immunité "n'aurait été aussi rapide", avait aussi jugé mardi Mme Le Pen lors d'une visite au Salon de l'agriculture, dénonçant "une procédure ultra rapide spéciale Marine Le Pen".

Selon le Parlement européen, 15 demandes de levée d'immunité ont été examinées en 2016 par les eurodéputés. Cela leur a pris entre quatre et huit mois selon les cas. La demande concernant Mme Le Pen ayant été déposée le 5 octobre 2016, la procédure la concernant aura duré près de cinq mois.

"La procédure judiciaire contre Marine Le Pen suit les délais habituels", avait estimé l'eurodéputée italienne Laura Ferrara, du groupe parlementaire eurosceptique AFDD, chargée d'étudier la demande de la justice par le Parlement.

"Il n'existe pas de motif pour soupçonner un cas de +fumus persecutionis+, à savoir une situation dans laquelle des indices ou des aspects révèlent une intention de nuire à l'activité d'une personne", avait-elle écrit dans son rapport.

Marine Le Pen a récemment repoussé une autre convocation, de la police, cette fois-ci dans l'enquête sur les soupçons d'emplois fictifs concernant plusieurs assistants parlementaires d'eurodéputés du Front national.

Une information judiciaire a également été ouverte contre le député apparenté FN Gilbert Collard, qui avait lui aussi tweeté une image violente, utilisant la même raison que Marine Le Pen. Mais le bureau de l'Assemblée nationale française a rejeté le 22 février une demande de levée de son immunité, jugeant la requête de la justice pas "suffisamment précise".

Avec AFP

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