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Perquisition au domicile de François Fillon


François Fillon le 6 février 2017.

François Fillon le 6 février 2017.

Une perquisition a eu lieu jeudi au domicile parisien du candidat conservateur à la présidentielle française François Fillon, qui va être inculpé dans une affaire d'emplois fictifs présumés, et qui semble de plus en plus isolé face aux défections dans son camp.

Ancien favori de la présidentielle, M. Fillon a reculé en troisième position dans les sondages après le scandale suscité par les salaires d'assistants parlementaires touchés par son épouse Penelope et deux de ses enfants, pour des montants représentant des centaines de milliers d'euros d'argent public, et soupçonnés d'avoir en fait correspondu à des emplois fictifs.

Mercredi, le candidat de la droite, qui doit fêter samedi ses 63 ans, a annoncé sa convocation chez les juges le 15 mars "pour être mis en examen" (inculpé), dénonçant un "assassinat politique" et réaffirmant dans le même souffle sa volonté d'aller "jusqu'au bout".

Mais son maintien suscite de multiples défections au sein de son parti. Une quinzaine d'élus locaux de son camp lui ont demandé "solennellement" de se retirer, jugeant dans une tribune qu'"un pacte moral a été rompu".

D'autres figures de droite qui avaient soutenu l'ex-Premier ministre Alain Juppé lors de la primaire de la droite, finalement remportée par M. Fillon, ont décidé de le lâcher dans l'espoir de le remplacer par leur champion.

En s'accrochant, François Fillon "emporte son camp dans une course vers l'abîme", a critiqué jeudi l'ex-Premier ministre de droite Dominique de Villepin.

"La base, elle, tient", a réagi jeudi l'intéressé, reparti sur le terrain dans le sud de la France dans l'espoir de relancer sa campagne. Alors que sa garde rapprochée a prévu un grand rassemblement de soutien dimanche à Paris, un Français sur quatre seulement approuve sa décision de rester candidat, selon un sondage publié jeudi.

- Macron capitalise -

Les déboires de François Fillon semblent profiter au candidat centriste Emmanuel Macron, qui engrange pour sa part les ralliements au fil des semaines: selon les dernières enquêtes d'opinion, l'ancien ministre de l'Economie du président socialiste François Hollande se trouve désormais en pole position pour affronter et vaincre au second tour de la présidentielle, le 7 mai, la dirigeante d'extrême droite Marine Le Pen.

Le candidat centriste de 39 ans, qui présentait jeudi les détails de son programme, pro-européen et d'inspiration social-libérale, a promis une "grande loi" de moralisation de la vie publique. Et a assuré jeudi soir que s'il était inculpé dans une affaire il renoncerait à être candidat à l'élection présidentielle, contrairement à son rival de droite, parce que "devenir président de la République, c'est être garant des institutions".

L'autre grande rival d'Emmanuel Macron, Marine Le Pen, voit également la pression judiciaire grandir sur elle.

Elle a vu jeudi son immunité levée par le Parlement européen à la demande de la justice française, qui lui reproche d'avoir diffusé sur son compte Twitter des images d'exactions sanglantes du groupe Etat islamique.

En décembre 2015, la présidente du Front national (FN) avait publié trois photos légendées "Daech c'est ça!": un soldat syrien écrasé vivant sous les chenilles d'un char, un pilote jordanien brûlé vif dans une cage et le corps décapité de l'otage américain James Foley. Daech est l'acronyme arabe du groupe Etat islamique (EI).

Forte de son immunité, Marine Le Pen a refusé jusqu'ici de répondre aux convocations de la justice française dans ce dossier. Elle a récemment repoussé une autre convocation dans une enquête sur les soupçons d'emplois fictifs concernant plusieurs assistants parlementaires d'eurodéputés du Front national.

Mais la popularité de Marine Le Pen n'a pas souffert pour l'instant des affaires financières, qui ont déjà valu des mises en examens à ses proches.

"La particularité des affaires judiciaires qui touchent Marine Le Pen et le Front national, c'est qu'elles ne constituent pas des cas d'enrichissement personnel, alors que la famille de François Fillon est directement concernée", note Cécile Alduy, chercheuse à Sciences-Po.

Avec AFP

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