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France : des dizaines de milliers de manifestants contre une réforme du travail


Des membres des syndicats des travailleurs français participent à une manifestation nationale contre la réforme du droit du travail à Paris, France, 28 juin 2016. epa/ ETIENNE LAURENT

Des membres des syndicats des travailleurs français participent à une manifestation nationale contre la réforme du droit du travail à Paris, France, 28 juin 2016. epa/ ETIENNE LAURENT

Pour la onzième fois en quatre mois, plusieurs dizaines de milliers d'opposants à une réforme du droit du travail sont descendus mardi dans les rues en France, dans une ambiance tendue à Paris avec échauffourées et interpellations.

Ils étaient entre 64.000 selon la police et 200.000 manifestants selon les organisateurs, une mobilisation comparable à la dernière journée d'actions, le 23 juin.

Dans la capitale, environ 200 personnes encagoulées, masquées et habillées de noir se sont glissées en tête de cortège, lançant des pavés sur les forces de l'ordre qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène.

Une quarantaine de personnes ont été interpellés, dont 27 avant le départ.

Malgré ces incidents, la manifestation parisienne s'est mieux déroulée que celle du 14 juin. Il n'y a eu ni "casse" ni "violence", s'est félicité le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

Cette fronde sociale, d'une ampleur inédite sous un gouvernement socialiste, va se poursuivre. Philippe Martinez, secrétaire général du syndicat contestataire CGT, a évoqué une "nouvelle journée d'actions" avec de possibles manifestations le 5 juillet.

Les syndicats ont également menacé de poursuivre leurs actions en septembre si le gouvernement ne bougeait pas d'ici là.

Mardi, le projet de loi a été adopté dans une version très remaniée au Sénat, contrôlé par l'opposition de droite. Il doit désormais repartir devant l'Assemblée nationale qui l'avait adopté sans vote en première lecture, suite à un passage en force du gouvernement.

Très impopulaire, l'exécutif faisait face à une fronde dans son propre camp. Pour tenter d'apaiser la grogne, il doit recevoir ces jours-ci les syndicats opposés à son texte et le patronat, tout en assurant qu'il ne s'agit pas d'ouvrir des "négociations".

Le gouvernement fait valoir que son projet rendra les embauches plus faciles dans un pays où le chômage reste endémique. Ses détracteurs dénoncent la crainte d'une précarité accrue pour les salariés et les jeunes.

A Paris, environ 2.500 policiers et gendarmes ont été mobilisés pour assurer la sécurité de la manifestation. Cinq jours après un défilé sans incidents, mais qui s'était déroulé en boucle sur un parcours très restreint et avec des accès filtrés, les manifestants ont été autorisés à suivre un itinéraire plus classique de 2,8 km dans l'est parisien.

Dans la journée, plusieurs manifestations et actions "coups de poing" ont également été recensées dans plusieurs villes sans incidents, à Marseille (sud-est), Lyon (centre-est), Rennes (ouest) et au Havre (nord-ouest) notamment.

A Paris, la Tour Eiffel est restée fermée, une partie de son personnel faisant grève. Visitée par près de sept millions de personnes dont 80% d'étrangers en 2015, elle avait déjà été fermée le 14 juin pour les mêmes motifs.

Outres les manifestations, des grèves ont touché depuis mars les secteurs des transports, de l'énergie et du ramassage des ordures.

Avec AFP

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