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Emmanuel Macron reçu à Berlin par Angela Merkel


Le candidat à la présidence française pour le mouvement "En Marche" Emmanuel Macron prononce un discours lors d'une réunion de campagne, le 28 février 2017, à Angers, dans l'ouest de la France.

La chancelière allemande Angela Merkel devait recevoir à Berlin l'un des favoris de l'élection présidentielle française, le candidat centriste Emmanuel Macron, dont le profil réformateur et pro-européen suscite l'intérêt  en Allemagne.

L'ex-ministre de l'Economie du gouvernement socialiste de François Hollande, 39 ans, s'était déjà rendu à Berlin le 10 janvier mais n'avait pu y rencontrer Mme Merkel.


La chancelière n'avait jusqu'à présent reçu que François Fillon, le candidat conservateur, fin janvier. Le lendemain éclatait le scandale des emplois présumés fictifs de sa femme et de deux de ses enfants au Parlement, payés sur des deniers publics. Une affaire qui a valu à M. Fillon d'être inculpé mardi et qui plombe sa campagne.

En recevant jeudi pendant une heure le fondateur du mouvement "En Marche!", il ne s'agit pas pour Mme Merkel d'apporter "un soutien" au candidat Emmanuel Macron mais de soigner "les relations avec la France", selon une porte-parole du gouvernement allemand, Ulrike Demmer.

La chancelière conservatrice avait fait savoir fin janvier qu'elle était disposée à rencontrer les différents candidats français, à l'exception de la chef de file de l'extrême droite Marine Le Pen, aux positions anti-immigration et anti-euro.

M. Macron est actuellement au coude à coude avec Mme Le Pen dans les intentions de vote pour le premier tour de la présidentielle française, le 23 avril. François Fillon est en troisième position.

Lors de son passage à Berlin, Emmanuel Macron doit également rencontrer deux figures du parti social-démocrate allemand : le nouveau président de la République, Frank-Walter Steinmeier, et le ministre allemand des Affaires étrangères, Sigmar Gabriel, avec qui il débattra en fin d'après-midi en compagnie du philosophe allemand Jürgen Habermas.

S'il ne peut espérer être officiellement adoubé jeudi par Mme Merkel, Emmanuel Macron bénéficie d'une image positive dans les médias allemands. "Le beau gosse qui lisait Goethe", titrait récemment le quotidien conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung.

A l'inverse, les scandales qui éclaboussent François Fillon sont jugés avec sévérité dans un pays intransigeant sur l'éthique des politiques.

En privé, des proches de la chancelière ne cachent pas leur étonnement face au maintien de la candidature de l'ancien Premier ministre. D'autres s'inquiètent aussi dés velléités de rapprochement avec Moscou de François Fillon.

- 'Pris au sérieux' -

"Emmanuel Macron est aujourd'hui pris au sérieux en Allemagne. Sa volonté affichée de vouloir rendre la France crédible en faisant des réformes fait écho aux préoccupations allemandes", souligne Claire Demesmay, politologue à l'Institut allemand de politique étrangère à Berlin.

En promettant de mettre en oeuvre des "réformes" sur le marché du travail, l'éducation, la formation, et de rester dans le respect des 3% de déficit public imposés par les traités européens, Emmanuel Macron répond, sur le papier, aux fortes attentes de Mme Merkel vis-à-vis de son partenaire français.

Autre trait positif du candidat Macron aux yeux de Berlin : ses positions résolument pro-européennes, en faveur d'une intégration plus poussée. Et "dans un contexte inquiétant pour l'avenir de l'UE, avec le Brexit, la Pologne, les élections aux Pays-Bas, l'Allemagne a besoin d'une France ouverte aux questions européennes", analyse Mme Demesmay.

Enfin, "les sondages le donnent vainqueur face à Marine Le Pen, qui inquiète beaucoup en Allemagne", ajoute l'experte en relations franco-allemandes.

En 2012, Mme Merkel n'avait pas rencontré François Hollande, alors candidat socialiste et avait apporté son soutien au président sortant Nicolas Sarkozy, candidat d'un "parti ami" de son parti conservateur (CDU)

"Cela avait coûté quelques mois à la coopération franco-allemande" une fois François Hollande élu chef de l'Etat, et "Merkel en a tiré des leçons", souligne Mme Demesmay.

"C'est parfaitement normal que la chancelière allemande rencontre les candidats à l'élection présidentielle", avait commenté lundi le candidat Fillon au sujet de la rencontre prévue entre Mme Merkel et son rival.

"Mais je sais ce qu'elle pense, je sais de quel côté balance son coeur, je sais quel est son projet économique et politique, et il est en concordance avec le mien", avait ajouté M. Fillon, suscitant l'ironie d'un journaliste allemand.

Avec AFP

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