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Le Français Jean-Louis Borloo fait du lobbying pour son projet d’électrification de l’Afrique


Jean-Louis Borloo (au centre) avec l'ex-Premier ministre français Dominique de Villepin (à droite).

Jean-Louis Borloo (au centre) avec l'ex-Premier ministre français Dominique de Villepin (à droite).

L'ex-ministre français Jean-Louis Borloo fait campagne depuis un an pour la création d'une agence dédiée à faciliter l'accès à la lumière et à l'électricité pour plus de 600 millions d'Africains.

A un mois de l'ouverture de la conférence climat (COP 21) à Paris, et après un an de lobbying tous azimuts, Jean-Louis Borloo espère voir concrétiser son projet d'une agence dédiée à l'électrification de l'Afrique,

Mardi 3 novembre, l'ancien député remettra les pieds à l'Assemblée nationale, quittée il y a un an et demi après des soucis de santé qui avaient entraîné son retrait de la vie politique.

Après plusieurs mois de convalescence, l'ancien ministre de l'Environnement s'était alors fixé pour objectif de faciliter l'accès à la lumière et l'électricité pour plus de 600 millions d'Africains qui en sont dépourvus. Une idée qui lui était venue quand il était encore ministre.

Depuis un an, il a sillonné les capitales africaines à la rencontre plus de 40 chefs d'Etat, réuni des maires de grandes capitales à Paris, obtenu un feu vert au Sommet de l'Union africaine en juin... Fin septembre, il participait aux côtés du président guinéen Alpha Condé à l'inauguration du barrage hydro-électrique de Kaléta en Guinée.

Fondation "Energies pour l'Afrique"

L'activité de sa fondation, baptisée "Energies pour l'Afrique" et basée à Paris, est financée par des grands groupes français comme Bolloré, Bouygues, Dalkia, Eiffage, Total, Vinci etc. Et face aux soupçons de néocolonialisme, il répond : "Un projet par et pour les Africains".

S'il ne fait plus de politique au sens strict, Jean-Louis Borloo continue de voir des politiques de tout bords, de François Hollande en passant par Alain Juppé, uniquement pour défendre son projet, assure-t-il.

Les yeux rivés sur la COP 21 et jamais avare de superlatifs, il estime que c'est "le moment où cela peut basculer". "Clap d'ouverture pour la Borloo week", a titré lundi "Jeune Afrique".

En jeu, que les Etats, et l'Europe en tête, puissent abonder les fonds pour une agence dédiée à hauteur de 5 milliards de dollars (4,5 milliards d'euros) par an pendant dix ans.

Il y a deux semaines, le Sénat, à majorité de droite, a adopté à une large majorité une proposition de résolution soutenant ce plan, initiée par Jean-Marie Bockel, député UDI et ex-secrétaire d'Etat à la Coopération du gouvernement Fillon dont faisait partie M. Borloo.

Intervention du président du Parlement panafricain

A l'Assemblée mardi, le président du Parlement panafricain (PAP), Roger Nkodo Dang, interviendra dans l'hémicycle pour lancer un appel et soutenir le projet de Jean-Louis Borloo.

Créé en 2004, le Parlement panafricain (PAP) est l'assemblée consultative de l'Union africaine et siège à Midrand (Afrique du sud). Composé de 265 députés nationaux, cinq pour chacun des 53 membres de l'UA, nommés par leurs parlements respectifs, il ne jouit pas d'une grande notoriété, faute de véritable poids politique, mais ambitionne de devenir une assemblée continentale dotée de pouvoirs législatifs, à l'instar du Parlement européen.

Début octobre, le PAP a adopté une résolution visant à avoir "un accord concret, immédiatement opérationnel, pouvant permettre à l'agence africaine de l'électrification du continent de disposer dès 2016 des subventions indispensables".

Le scénario idéal et souhaité par l'ancien ministre serait que la décision de concrétisation - une agence avec un financement garanti, traçable et vertueux - soit prise à l'occasion du sommet "Europe-Afrique" sur la migration qui se tient à Malte les 11 et 12 novembre, avant le début de la COP donc.

Avec AFP

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