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L'épidémie d'Ebola en Sierra Leone, c'est fini, annonce l'OMS


Dans un centre de la Croix-rouge à Koidu, Sierra Leone, le 19 décembre 2014. (REUTERS/Baz Ratner)

Dans un centre de la Croix-rouge à Koidu, Sierra Leone, le 19 décembre 2014. (REUTERS/Baz Ratner)

L’OMS a officiellement déclaré, samedi, la fin de l’épidémie d’Ebola en Sierra Leone. Ce virus est responsable de quelque 4 000 morts dans le pays et d’une brutale récession économique.

C’était une nouvelle très attendue par les habitants de Sierra Leone. "Aujourd’hui, le 7 novembre 2015, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) déclare la fin de l'épidémie d'Ebola en Sierra Leone", a officiellement affirmé Anders Nordstrom, responsable de l'OMS pour le pays.

L’annonce a été faite lors d'une cérémonie à Freetown, sous les vivats et les applaudissements de la foule, en présence du président sierra-léonais Ernest Bai Koroma.

Cette épidémie, la plus grave depuis l'identification du virus Ebola en Afrique centrale en 1976, a fait plus de 11 300 morts - dont quelque 4 000 en Sierra Leone - sur quelque 29 000 cas recensés. Ce bilan est toutefois sous-évalué, de l'aveu même de l'OMS.

Les victimes se concentrent à 99 % dans trois pays limitrophes : la Guinée, d'où est partie l'épidémie en décembre 2013, la Sierra Leone et le Liberia.

Un pays est déclaré exempt de transmission d'Ebola lorsque deux périodes de 21 jours - la durée maximale d'incubation du virus - se sont écoulées sans nouveau cas depuis le second test négatif sur un patient guéri.

Le risque persiste

Mais les spécialistes soulignent que le risque persiste au-delà de ces 42 jours, en raison surtout de la subsistance du virus dans certains liquides corporels, en particulier le sperme, où il peut survivre parfois jusqu'à neuf mois.

Le Liberia avait par exemple été déclaré exempt de transmission le 3 septembre, après une première annonce début mai, suivie d'une réapparition du virus en juin.

La prudence est également de rigueur en raison des nouveaux cas toujours signalés en Guinée voisine, notamment dans la préfecture de Forécariah, près de la frontière avec la Sierra Leone.

Dans son dernier rapport hebdomadaire mercredi, l'OMS a précisé que 382 personnes étaient sous surveillance en Guinée, dont 141 considérées comme "à haut risque".

Le chef du Centre national de lutte contre Ebola (Nerc) sierra-léonais, Palo Conteh, a affirmé mercredi que la surveillance serait renforcée dans les prochains jours à la frontière.

"Ce n'est pas la fin d'Ebola"

"Nous devons être vigilants. Ce n'est pas la fin d'Ebola, mais la fin de l'épidémie actuelle", a-t-il souligné.

La Sierra Leone, qui a été critiquée pour certaines mesures extrêmes pour éradiquer le virus, en particulier le confinement de toute la population en septembre 2014 et en mars 2015, a connu une cruelle déconvenue dans cette longue bataille.

Le chef de l'Etat avait présidé le 24 août une cérémonie célébrant la sortie d'hôpital du dernier malade d'Ebola guéri, après plus de deux semaines sans nouvelle contamination signalée. Mais une femme de 67 ans décédée quatre jours plus tard avait été testée positive après sa mort, suivie de celle d'une adolescente, le 13 septembre.

En plus du tribut humain, l'épidémie a infligé de sévères pertes économiques à la Sierra Leone, sortie il y a 13 ans d'une décennie de guerre civile parmi les plus meurtrières du continent.

Les investisseurs étrangers ont fui

D'après la Banque mondiale, l'économie devrait enregistrer cette année au moins 1,4 milliard de dollars de pertes, conduisant à une contraction "sans précédent" de 23,5 % de son PIB.

L'impact économique a été aggravé par une forte baisse des prix mondiaux du minerai de fer et l'effondrement du secteur minier, les investisseurs étrangers ayant fui le pays par crainte du virus.

Le premier cas confirmé d'Ebola en Sierra Leone était une femme enceinte testée positive il y a 18 mois, après avoir assisté aux funérailles d'une guérisseuse traditionnelle renommée de la zone de Koindu (est), proche de la Guinée, qui se targuait de pouvoir guérir Ebola, attirant des malades de l'autre côté de la frontière.

Une quinzaine de femmes contaminées lors de ces funérailles avaient à leur tour propagé le virus à travers des pratiques funéraires impliquant un contact corporel, un des principaux facteurs de propagation.

Avec AFP

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